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Crise climatique: Le nucléaire une solution?

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Document d’informations:

(Source : Regroupement pour la surveillance du nucléaire)

Pourquoi les Petits Réacteurs Modulaires sont-ils une dangereuse distraction face à la crise climatique?

La mise au point des petits réacteurs modulaires (PRMs) est trop lente, truffée d’incertitudes et ne peut donc pas contrer les effets de la crise climatique. Certainement pas à court terme; et nous devons agir maintenant.

Les rapports sur l’état de l’industrie nucléaire mondiale en 2020 indiquent que la mise au point des réacteurs nucléaires de nouvelle génération est trop lente pour faire face à la crise climatique. La technologie est toujours expérimentale avec les incertitudes que cela comporte, et s’avère plus coûteuse que prévue. On est dans un secteur économique défavorisé par rapport aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. Aucun PRM n’a encore été construit et la mise en service des modèles proposés demandera encore au moins une décennie.

Les PRM coûtent beaucoup plus cher que les énergies renouvelables

Une étude canadienne a révélé que l’énergie produite par les petits réacteurs nucléaires coûterait jusqu’à dix fois plus cher que les énergies renouvelables. Au cours de la dernière décennie, les coûts de construction de centrales à l’énergie solaire, de parcs éoliens, de la géothermie et de l’aérothermie, ainsi que du stockage thermique et des batteries ont considérablement diminués. Ceci tandis que le coût de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires a augmenté, voir explosé. Tout indique que les petits réacteurs modulaires seront encore plus chers par unité de puissance que les grands réacteurs actuels. Les prévisions actuelles de coût du projet de PRM les plus avancés aux États-Unis ont déjà doublé, passant à plus de 6 milliards de dollars. Aucun n’est encore construit et en opération.

Il existe de meilleures sources d’énergie

Le gouvernement canadien a répété à maintes reprises, sans fournir de preuves, qu’on ne pourrait pas atteindre la cible de zéro émission nette sans faire appel à l’énergie nucléaire. Au contraire, une nouvelle étude de 123 pays échelonnée sur 25 ans a révélé que les pays qui investissaient dans les énergies renouvelables réduisaient beaucoup plus rapidement leurs émissions de carbone que ceux qui misent sur l’énergie nucléaire. L’énergie nucléaire et ses puissants lobbyistes issus de l’industrie militaire, risque fort de mobiliser la grande partie des ressources financières nécessaires à la transformation énergétique de notre économie. Au niveau du renouvelable les technologies sont au point et s’améliorent. On est au stade de définir les formes d’utilisation, surtout de proximité, et de travailler à l’optimisation des systèmes grâce à des réseaux électriques locaux intelligents et multidirectionnel; et des boucles locales de partage de la chaleur afin de pallier à la caractéristique d’intermittence de certaines de ces technologies.

Faibles émissions de GES.

On avance ici un argument purement spéculatif, le nucléaire est sobre en GES. La chaîne d’approvisionnement est elle considérée dans ces estimations? Les émissions de GES de l’extraction et la production du combustible; à la disposition du combustible usé sont elles incluses dans les données avancées? Mais comment fait-on au juste? Comment estimer les coûts de disposition sécuritaire des centaines de millions de tonnes de scories radioactifs et les immenses lagons pollués actuellement laissés sur les sites des mines d’uranium? Comment estimer les émissions de GES liés à la conception et la fabrication de la robotique sophistiquée actuellement en développement, nécessaire au décommissionnement des centrales présentement en fin de vie? Comment évaluer les émissions de GES liés à la sécurisation et à la disposition permanente des déchets hautement radioactifs? Surtout lorsqu’on ne connaît pas encore les procédés et infrastructures requises pour l’enfouissement permanent dans des cavernes étanches à des kilomètres de profondeur? On est dans l’ordre des vœux pieux techno-scientifiques ici.

Les PRM sont polluants et dangereux

Plus abordables, plus petits, plus difficiles à surveiller cette technologies risque d’accélérer la prolifération des technologies à capacité militaire. Les futurs «petits» réacteurs modulaires, que l’on voudrait construire dans tout le Canada, produiront des déchets radioactifs de toutes sortes. Il semble que nous n’avons pas appris de la menace nucléaire de Poutine. Certains des modèles proposés permettraient d’extraire le plutonium du combustible irradié, aggravant les risques de prolifération des armes nucléaires et créant de nouvelles formes de déchets radioactifs dont la gestion serait particulièrement dangereuse. Notons que pour rentabiliser son industrie nucléaire; le Canada a toujours tablé sur le développement de ses marchés d’uranium; et n’a jamais fait preuve d’une grande éthique pour ses exportations de centrales; exportant les CANDU à des dictature et juntes militaires (Corée, Pakistan, Argentine, Roumanie) et des pays en conflits, (Inde et Pakistan) souhaitant expressément avoir l’arme.

Cette technologies n’est toujours qu’une idée

Ces petits réacteurs n’existent pas encore. Leur technologie est encore en développement. Pour l’instant, aucune démonstration probante que cette technologie fera le travail, mais on est déjà dans son marketing. On fabrique présentement le besoin, la demande, l’acceptation en utilisant les enjeux climatiques. Puis ce sera les investissement massifs. On est dans l’ordre de procédés scientifiques et technologiques encore complexes et inconnus. Notons que les plus sérieux problèmes de cette filière industrielle ne sont toujours pas résolus. Le gouvernement fédéral n’a actuellement aucune politique ou stratégie détaillée sur le sort des déchets radioactifs, ni aucun plan précis ni même un emplacement pour un dépôt souterrain profond où l’industrie pourrait stocker ses déchets radioactifs de haute activité pendant des centaines de milliers d’années. Les technologies robotisées nécessaires au décommissionnement des centrales nucléaires en fin de vie n’existent toujours pas.

L’énergie nucléaire crée moins d’emplois que les énergies renouvelables

On a l’impression de l’action d’un puissant lobby qui voit de nouvelles opportunités de profits mirobolants sur la base d’une nouvelle quincaillerie à développer. L’énergie renouvelable est au point et est présentement l’un des secteurs d’emploi qui connaît la croissance la plus rapide en Amérique du Nord. Une étude américaine a révélé que l’énergie solaire génère six fois plus d’emplois que l’énergie nucléaire pour chaque gigawattheure d’électricité produite, les fonds publiques sont ainsi redistribués. Le nucléaire c’est la concentration de l’argent publique entre les mains de quelques actionnaires du puissant lobby militaro-industriel nord américain.