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Approches de lutte à l’intimidation

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Tous reconnaissent l’importance de la lutte aux violences, dont l’intimidation, chez les jeunes.  Les milieux scolaires sont particulièrement interpellés par cette question.  Mais, plus que jamais, avec les média sociaux, cette réalité touche toutes les facettes de la vie sociale des jeunes ce qui en a fait un sujet brûlant d’actualité.  Le problème ne peut être résolu en vase clos.

Cyberintimidation. (Photo: inconnu)
Cyberintimidation. (Photo: inconnu)

Cette réalité est d’autant plus vraie qu’il est impossible de résoudre une telle problématique par une seule mesure.  Les modes d’intervention efficaces se situent au niveau du renforcement des habiletés sociales et des solidarités naturelles entres les jeunes.  On parle donc d’identification de compétences de paix (ou pro-sociales), de transmission efficace de ces compétences, et de créer l’environnement susceptibles de permettre la mise en application de ces compétences afin qu’elles soient assimilées.  Les simples initiatives de conscientisation, de sensibilisation et de dénonciation aussi utiles soient elles pour faire réagir, ne suffiront pas.

Les solutions en apparence simples au niveau de la surveillance, de l’arrêt d’agir et de mise en œuvre de mécanismes coercitifs auront les effets bien connus d’atténuer certains symptômes du problème ou de déplacer le problème dans un autre environnement de vie du jeune; sans le résoudre.  Bien qu’utiles pour agir de façon temporaire sur certaines situations précises, ces moyens ne constituent que des mesure palliatives, souvent coûteuses et ne touchant que la surface de la problématique.

Nécessité d’une action concertée

Il devient indispensable de réfléchir à une forme d’action concertée; où le milieu communautaire ainsi que les parents viennent renforcer le travail des professionnels des milieux en permettant d’organiser des activités de transmission des habiletés sociales soutenues à long terme.  Ces activité doivent bénéficier du soutien professionnels des spécialistes du milieu afin d’éviter les dérapages nuisibles de ces interventions; et de répondre aux besoins particuliers de certains jeunes.

Mais quels sont ces mesures, ces programmes qui peuvent aider à mieux outiller les jeunes dans le développement d’interaction sociales constructives.

  • À l’école Saint-André-Apôtre, dans l’arrondissement d’Ahuntsic à Montréal, Marthe Tremblay intègre à son enseignement quotidien de courtes séances de méditation qui aident grandement les enfants à retrouver leur calme et leur concentration. (Photo: inconnu)
    À l’école Saint-André-Apôtre, dans l’arrondissement d’Ahuntsic à Montréal, Marthe Tremblay intègre à son enseignement quotidien de courtes séances de méditation qui aident grandement les enfants à retrouver leur calme et leur concentration. (Photo: inconnu)

    Estime de soi et habiletés sociales.

  •  Réduction du stress et des tensions.

Programme d’activités régulières enseignant aux jeunes les méthodes de relaxation, de diminution des tensions et du stress; afin d’acquérir les compétences permettant de mieux gérer les situations vécues et les émotions. L’approche de former les jeunes plus âgés comme tuteurs pour les plus jeunes s’applique bien à cette approche.  Certains milieux intègrent des formes de méditation, de yoga et de tai-chi à la démarche.

  • Gestion saine des conflits.

Programme permettant aux jeunes de s’affirmer, de comprendre que parfois l’affirmation peut faire émerger des conflits et que c’est normal.  Ces programmes ont pour but de transmettre les bonnes attitudes, et de permettre d’adopter les bonnes méthodes pour désamorcer et résoudre plusieurs formes de conflits.  Suite à des formations à caractère théâtrales, les jeunes acquièrent des compétences dans la gestion autonome des conflits qu’ils vivent, et peuvent offrir un service de soutien à leurs camarades.  On effectue un transfert des compétences basées sur les mises en situations concrètes.

  • Identification et soutien aux jeunes vulnérables.
(Photo: inconnu)
(Photo: inconnu)

Le développement des habiletés sociales est une composante essentielle de la vie en société. Pour de nombreuses raisons, des jeunes ont de toutes évidences d’importantes déficiences en matière d’habiletés à interagir constructivement avec les autres jeunes de leur milieu.  Ces jeunes sont socialement vulnérable et peuvent s’isoler, devenir des victimes faciles ou des bourreaux.  Des mécanismes doivent être en place pour identifier rapidement ces jeunes; et leur fournir un soutien ciblé… Souvent un service d’écoute combiné avec un programmes de pairages ou de tutorat s’avèrent efficaces pour repérer les jeunes et offrir un accompagnement par des jeunes qui se démarquent par leurs habiletés pro-sociales.

  • Programmes d’émulation et valorisation.

L’application de sanctions ou de conséquences face aux comportements socialement inadéquats ne devraient être que des composantes bien marginales dans la gamme des outils visant à encadrer les comportements anti-sociaux des jeunes.  Trop souvent, à cause de leur application simple et expéditive; on préfère réprimer.  La mise en place des véritables mécanismes d’émulation et de valorisation des jeunes est souvent plus complexe; et demande de multiples ajustements avant de s’intégrer aux pratiques d’un milieu.  Dans le temps, à long terme pourtant, l’efficacité des moyens positifs, stimulants pour les jeunes est beaucoup plus grande et durable.  En ce sens, il est important de connaître les affinités et les passions des jeunes; et de bâtir les programmes d’émulation en conséquence.

  • Programmes de mise en valeur et l’appréciation des différences.
(Photo: inconnu)
(Photo: inconnu)

L’autre qui est différent nous, nous questionne.  Il nous questionne par ses valeurs, ses comportements, son apparence et souvent surtout par son désir de s’affirmer.  Le renforcement de l’estime des jeunes fait parti des mécanismes fondamentaux pour permettre l’affirmation constructives; et l’appréciation des différences.  Pour cette raison, les affinités et passions constructives des jeunes doivent être stimulées; et combinées à une conscientisation de la valeur de la différence.  Les différences sociales; comme la biodiversité, doivent être perçus comme de véritables richesses.  Ce type de programme a pour but de fournir des opportunités aux jeunes d’exprimer leur vécu par des témoignages de s’affirmer positivement, et développer des attitudes empathique envers leurs paires.

  • Service de détection et d’intervention face aux comportements asociaux.

Les approches qualifiés comme de type « Tolérance Zero » peuvent agir à court terme.  Bien qu’utiles en situation de crise, elles s’avèrent souvent beaucoup plus nuisibles, qu’utiles à long terme.  Elle réprime rapidement les comportements asociaux au lieu de permettre d’en saisir l’origine et la raison d’être.  Le jeune qui se bat souvent avec ses camarades essai-t-il d’asseoir son pouvoir?  Serait-il mieux d’éduquer les autres jeunes à la persuasion pour disperser les attroupements pour ne pas entrer dans le jeu.  Le jeune qui intimide est-il dans l’erreur, et ne fait que s’affirmer d’une façon maladroite; ou très mal avisée?  Ce n’est pas en criminalisant l’acte qu’on résoudra la problématique.  Former les jeunes à diffuser les situations de confrontation peut s’avérer une approche efficace.  Outiller les jeunes afin d’être capable se s’affirmer de façon constructive, plutôt que de façon destructive envers les autres génère un changement de dynamique.  La formation de jeunes ayant des attitudes pro-sociales à l’intervention face aux comportements asociaux est un outil indispensable dans un milieu.

Développement des compétences

·         Service d’écoute par les pairs.

Plus souvent qu’autrement, les jeunes ont besoin d’attention, de confidents.  Il est essentiel de créer un milieu ou des jeunes formés créent une atmosphère d’écoute, d’empathie et de soutien mutuel.  Un genre de « Local Solidaire », qui permet à certains jeunes de développer la capacité d’écoute; et à des élèves à difficulté de socialisation de pouvoir y être respectés et entendus devrait s’avérer un lieu central de prévention dans nos milieux jeunesse.  Un tel service de soutien mutuel doit être étroitement suivi par les professionnels du milieu.  Il ne doit pas servir de soutien par des jeunes, pour des jeunes vivant des situations de trauma, et des conditions qui peuvent être considérées comme particulièrement lourdes.  Le relais avec les professionnels doit être bien défini.

·         Communication non-violente et approche par projet.

Les principes de la communication non-violente, tant du point de vue de l’écoute et que l’expression constructive sont bien connus.  La formation à ce mode de communication peut s’avérer une base indispensable pour assurer une uniformité dans la façon d’aborder la relation avec l’autre.  On mise sur l’écoute active et l’expression du vécu; dans une approche non-offensive.  Les approches pédagogiques par projet peuvent s’avérer la voie incontournable pour permettre la mise en œuvre de ces compétences.  Pour la réalisation de projets, une approche constructive et non agressive de communication, basée sur l’écoute est une incontournable nécessité.  Les approches d’écoute active, dans un contexte de démocratisation des instances étudiantes est une approche particulièrement porteuse.

·         Médiation ou conciliation par les pairs.

Médiation par les pairs. (Photo: inconnu)
Médiation par les pairs. (Photo: inconnu)

Tant qu’il y aura des différences entre les personnes, des conflits émergeront.  Ces conflits font parti de la vie en société, ils sont normaux.  Ce qui est anormal, c’est d’éviter ces conflits, de les cacher ou de les fuir.  Agir comme tierce partie, et offrir ce service à ses pairs est la voie par excellence pour se familiariser et maîtrise les voies pour une gestion plus saine des conflits.  Les jeunes s’approprient ainsi les outils de gestion saine des conflits et les diffusent dans le milieu; en offrant un service utile et un exemple pour les autres jeunes.  L’organisation d’un service de médiation est parfois un défi et demande un suivi systématique d’adultes car c’est un processus d’apprentissage en continu.

·         Développement du leadership positif.

Le développement de la personnalité des jeunes passe par l’affirmation de soi.  S’affirmer peut se faire par des gestes qui ont un impact constructif dans la vie sociale des jeunes, tout comme par des actions ayant un effet possiblement nuisible aux autres.  Le défi ici réside dans la mise en oeuvre d’opportunités pour faire éclore le leadership de certains jeunes; ou de faire migrer des actions d’affirmation négatives vers des actions positives.  (les sports, les média, les arts de la scène sont parmi les outils utiles)  Un programme structuré de stimulation des leaderships peut aider à consolider une diversité de compétences de paix.

·         Cercles de restauration.

Il n’est pas tout de savoir régler ses propres conflits, ou d’outiller les jeunes afin de pouvoir agir comme tierce partie dans les conflits que vivent leurs paires.  En situation de groupe, des situations conflictuelles et de tensions peuvent émerger.  Pour certains jeunes qui  possèdent une propension au leadership, la maîtrise d’une démarche de résolution de problème de groupe et de restauration de la confiance peut s’avérer un outil particulièrement utile et stimulant.  Une formation aux processus de « Cercles de restauration »; combinée à la création d’opportunités de mise en œuvre peuvent jouer un rôle important dans la mobilisation pro-sociale d’un milieu.

·            Relations amoureuses harmonieuses

Les relations amoureuses font parti des étapes centrales de la vie de nos jeunes cheminant dans l’adolescence.  Cette réalité représente souvent un défi.  Le désir de construire un projet amoureux peut devenir une véritable opportunité pour convaincre de la nécessité d’acquérir des compétences pro-sociales, ou de paix.  Une relation de couple harmonieuse, soit sortir des cadres répandus de contrôle de l’autre à tous les niveaux, sont une étape essentielles des apprentissages de la vie…Il faut aider les jeunes à bâtir leur confiance, pour faire confiance…Prendre conscience des comportements qui briment les libertés de l’autres est un premier pas important pour comprendre l’intérêt de développer des compétences sociales constructives.  Pour plusieurs, le succès dans la vie amoureuse peut être le point de départ de relations constructives avec les autres.

·         Mécanismes de réparation.

(Photo: inconnu)
(Photo: inconnu)

Autant que possible, les sanctions punitives traditionnelles doivent être remplacées par des accords entre la victime et le perpétrateur de gestes négatifs.  Un programme basé sur les formes de justice qui repose sur la mise en place de  gestes de réparation est le complément le mieux adapté à un programme intégré de prévention des violences et des récidives.  Une telle approche a pour but de restaurer la confiance entre les personnes.  C’est la meilleure voie pour prévenir la récidive d’actes déplorables; et de développer les comportements empreints d’empathie envers autrui.

·         Intervention en situation de violence.

Les situations de violence sont des symptômes qui expriment un certain désir de reconnaissance, ou un certain désespoir.  Plus les personnes sont nombreuses à savoir comment agir et réagir dans de telles situations; moins on a de chances que le passage à l’acte se manifeste.  Le principal problème des intervenants dans des endroits publics est celui de ne pas savoir comment agir face à des situations de violence qui se dessinent, ou qui sont en cours.  Plus les personnes sont nombreuses à savoir comment agir dans un milieu, moins les actes de violence ont de chance de s’installer et de se répéter.

·         Programme de formation à l’autodéfense.

Aikido. (Photo: inconnu)
Aikido. (Photo: inconnu)

Les jeunes ont besoin de bouger, si on peut leur donner confiance en leur capacité d’assurer leur propre sécurité, on fait d’une pierre, deux coups.  Mais attention, toutes les formes d’autodéfense ne s’équivalent pas.  Certaines mettent l’emphase essentiellement sur les compétences de contrôle et de neutralisation de l’adversaire (judo, aïkido); tandis que d’autres raffinent les capacités de riposte et d’agression des jeunes (Kung Fu, Karaté et autres).  La popularité hors de contrôle des arts martiaux constitue une problématique de plus en plus sérieuse et un milieu d’éducation intéressé à mettre en place de telles approches doit être bien conseillé et effectuer un suivi rapproché des spécialistes encadrant une telle activité. L’approche à privilégier dans les écoles qui veulent rendre disponible un tel l’entraînement se doit d’être non-offensive.

·         Arts martiaux pour désamorcer les comportements violents.

Une exception doit être considérée.  Les Arts martiaux offensifs génèrent un fort attrait pour les jeunes vivants des problèmes dans leurs relations sociales.  Afin de cesser d’être victime, ou de s’assurer d’acquérir un pouvoir dans son environnement social les jeunes sont attirés vers les arts martiaux qui sont perçu comme offensifs.  Ces activités, particulièrement bien encadrées par des spécialistes, peuvent devenir d’excellents outils pour attirer des jeunes intéressés par des comportements anti-sociaux, souvent agressifs; et les conduire dans un apprentissage du désamorçage des comportements violents.  On parle ici de programme d’exception, dans des milieux ou l’environnement est particulièrement propice au décrochage social; ou dans un environnement qui concentre plusieurs jeunes à comportement agressif.  Encore une fois, ce genre de programme doit être étroitement supervisé par des professionnels et des formateurs compétents.

Organisation scolaire

·         Appropriation des règlements ou code de vie.

Tu n’as pas le droit!  Pourquoi?  Toutes les personnes qui travaillent en milieu jeunesse ont entendu ce genre d’échange à des milliers de reprises.  La raison en est simple, on ne donne pas à nos jeunes l’occasion de s’approprier les règles qui régissent leur quotidien.  Une démarche d’appropriation des règlements où on donne l’occasion aux jeunes de comprendre le pourquoi des règles de vie est un exercice indispensable dans tous les milieux jeunesse.  Pour mettre en place une telle démarche, les jeunes doivent y voir un intérêt.  La possibilité d’avoir un mot à dire sur les règles de vie et de guider leur ajustement à leur vécu est souvent une incontournable motivation, une étape indispensable du processus d’appropriation.

Tutorat par les pairs. (Photo: inconnu)
Tutorat par les pairs. (Photo: inconnu)

·         Approche de tutorat et mentorat.

Ces modes d’accompagnement de jeunes par d’autres jeunes sont appliqués dans de nombreuses écoles pour diverses formes d’apprentissages.  Ils ont montrés leur haut niveau d’efficacité dans la mise en œuvre de mécanismes de transfert de compétences pro-sociales ou de paix vers les étudiants.  Le transfert de compétences de paix à des jeunes plus âgés, afin de transmettre ces compétences à des plus jeunes est une excellente approche d’appropriation.  La motivation d’apprendre est souvent étroitement liée à l’utilité immédiate des compétences à acquérir.

·         Harmonisation des approches d’intervention.

Un plan d’intervention en prévention de la violence est indispensable pour agir efficacement dans un milieu donné.  Le but premier d’un tel plan est de déterminer les modes d’encadrement des relations sociales des jeunes, les priorités en termes de transfert de nouvelles habiletés, et les ressources qui seront allouées à la mise en place des mesures.  Dès que le plan est adopté par le milieu, un exercice d’appropriation est nécessaire afin de s’assurer qu’une majorité d’intervenants adhèrent à l’approche et harmoniseront leurs modes d’intervention aux approches choisies dans le cadre du plan.  Une cohérence dans l’encadrement des attitudes sociales des jeunes aidera grandement à l’intégration des compétences nouvelles qui seront transmises.

·         Conseils de coopération.

La création dans les classes d’un lieu, un moment où le groupe est réunit dans un processus collectif de gestion des conflits.  Un espace est créé pour permettre aux individus d’exprimer des problématiques, et de responsabiliser le groupe dans la recherche de solutions.  C’est un véritable processus d’apprentissage de la gestion des droits individuels et collectifs dans un environnement de coopération.  Les modes de gestion de conflits qui y sont appliqués s’approche des mécanismes appliqués dans les Cercles Restaurateurs qui sont mis en œuvre dans le cas de problématiques particulière.

(Photo: inconnu)
(Photo: inconnu)

·         Charte de droits et responsabilité.

Les modèles de charte qui régissent les comportements des individus en société sont nombreux.  Des chartes internationales de droits, en passant par les chartes de droits et responsabilités des étudiants existantes; il y a de nombreuses opportunités pour sensibiliser par des activités ludiques les jeunes aux droits et responsabilités citoyenne.  La mise en place d’une charte des droits et responsabilités de l’élève peut complémenter le code de vie.  En fait, c’est l’exercice ultime d’appropriation des valeurs d’un milieu.  Ainsi par un tel exercice, les jeunes viennent qu’à comprendre l’importance du respect des différences dans toutes ses nuances.

·         Plans d’intervention en situation d’abus.

Les intervenants du milieu doivent s’entendre sur un modèle d’intervention pour l’assistance aux jeunes en situation de difficulté. Un tel modèle, ou plan, doit favoriser l’engagement des enseignants; valoriser les parents dans leur rôle d’éducateur et permettre aux professionnels de diverses disciplines de se concerter.  Le but est d’agir rapidement sur des signalements précoces et décloisonner l’intervention.  Le gouvernement exige de tels plans d’intervention pour les écoles depuis de nombreuses années, mais les endroits où ils ont été réalisés restent assez rares.

·       Conseil étudiant fonctionnel et décisionnel.

Classe participative. (Photo: inconnu)
Classe participative. (Photo: inconnu)

Le conseil étudiant est un outil indispensable d’apprentissage pour les étudiants; il mène à une responsabilisation, à l’apprentissage de la démocratie, de la solidarité et de l’autodiscipline.  Un tel conseil peut s’avérer un environnement essentiel pour faciliter la mobilisation des jeunes dans l’amélioration des interactions sociales positives de leur milieu de vie.  Dans plusieurs institutions scolaires on considère pratiquement le « conseil étudiant » comme un club social chargé d’organiser des festivités et des bals.  C’est une erreur.  Le conseil étudiant devrait être un lieu permettant de prioriser les moyens à mettre en œuvre pour améliorer le climat d’une école.

·         Gestion de classe participative.

Ce concept de gestion de classe favorisant la participation active des jeunes à son apprentissage; en lui donnant un pouvoir de choisir dans les voies d’apprentissage qui lui sont offertes.  Le rôle de l’enseignant est celui d’apporter un soutien dynamique à la stimulation des jeunes à prendre en charge leurs actions d’apprentissage.  Ce genre d’approche est particulièrement efficace en ce qui a trait au développement du sens d’appartenance et de l’estime des jeunes.  Un tel environnement devient un laboratoire par excellence pour mettre en application les compétences pro-sociales et les intégrer.

 Interventions communautaires

·         Accompagnement préventif.

Des programmes d’accompagnement communautaire préventifs peuvent être mis en place afin de permettre l’accompagnement des jeunes vulnérables à l’aller et au retour des classes, de groupes de jeunes, ou une présence adulte de soutien et d’encadrement dans les transports scolaires.  Ces modes d’intervention peuvent permettre de limiter les situations de violence; et accroître le sentiment de sécurité des jeunes et des parents.

·         Alternative suspension.

(Photo: YMCA Alternative Suspension)
(Photo: YMCA Alternative Suspension)

Au lieu de suspendre un jeune, et de le retourner à la maison; ce programme communautaire prends charge des jeunes suspendus, encadre les journées de suspension, aide à son maintien à jour dans ses apprentissage et permet au jeune de travailler sur les raisons qui l’ont mené à la suspension.  Au lieu de passer la période à la maison ou à la rue; le jeune bénéficie d’un véritable soutien à sa réinsertion à la vie scolaire évitant ainsi les dérapages sociaux.

·         Prévention décrochage social.

Souvent, les jeunes régulièrement suspendus de l’école deviennent à risque de décrocher complètement de leur environnement social, et peuvent prendre la rue, puis joindre des groupes organisés.  Une véritable situation de décrochage social peut mener les jeunes à l’itinérance, la délinquance et l’adhésion à des groupes criminels organisés.  Il est important d’identifier les jeunes à potentiel de décrochage social; de cerner les aspirations de ces jeunes et de leur fournir un accompagnement, un soutien dans la réalisation de projets à ces jeunes.  Une fois le décrochage survenu, le travail chemin à parcourir dans l’accompagnement est beaucoup plus ardu.

·         Pairage inter-génération

Des jeunes de niveau universitaire, de niveau collégiale, de niveau secondaire, peuvent jouer un rôle dans l’accompagnement de plus jeunes.  On peut très bien envisager un service d’accompagnement communautaire de jeunes de niveau primaire, vulnérables, offert par des étudiants de niveau collégial.  Ces services d’accompagnement peuvent être offerts sous forme d’encadrement informel dans les autobus, ou de façon un peu plus formelle sur des voies piétonnières ou on évalue un risque plus élevé.

·         Mobilisation des parents et des milieux.

Les professionnels des milieux scolaires sont en mesure d’agir sur les situations de difficultés particulières vécues par des jeunes à des moments précis.  Lorsqu’on parle de mise en œuvre de mécanismes de prévention des violences, ces professionnels sont en mesure de mettre en place les mécanismes de mobilisation et de consultation du milieu pour identifier les approches les mieux adaptées à la réalité du terrain.   Nous savons maintenant qu’une seule approche, un seul programme ne suffit pas pour prévenir les situations de violence.  Une combinaison de moyens, selon les réalités du milieu peut avoir un effet.  La mise en œuvre de ces moyens nécessite une planification de rencontres, un accompagnement, un suivi et des rencontres régulières avec les jeunes impliqués.  En ce sens, pour assurer le fonctionnement et la pérennité de ces initiatives, et afin d’éviter que ces programmes n’impose des tâches supplémentaires aux intervenants du milieu, la mobilisation de parents et d’organismes communautaires du milieu sont des avenues incontournables.

Semaine de la tolérance du Collège des Compagnons à Québec.
Semaine de la tolérance du Collège des Compagnons à Québec.

·         Club, journées, semaines thématiques.

Ces événements peuvent s’avérer particulièrement utiles si ils s’inscrivent dans un plan d’intervention en prévention de la violence pour le milieu scolaire en question.  Ces espaces temps permettent de sensibiliser, convaincre et mobiliser un milieu pour la mise en place de moyens concrets d’intervention.  La mise en œuvre d’une combinaison de deux ou trois initiatives de prévention de la violence peut nécessiter un bassin de bénévoles qui veulent s’impliquer.  Dès le début, lors de ces événements, un effort particulier devrait être fait pour impliquer l’association des étudiants, le syndicat enseignant, les parents et des organismes communautaires du milieu.  L’idée d’une école soutenue par sa communauté devrait être promue.

·         Médias et violences.

Les jeunes vivent des situations de violence à divers niveaux dans leur milieu.  L’utilisation des média est une excellente occasion de prendre conscience de leur réalité, d’exprimer leur vécu et de sensibiliser leur communauté aux conséquences de telles situation et au fait qu’il faut agir… La mise en œuvre de projets diversifiés de communication n’est pas une finalité en soi, mais peut constituer un excellent départ pour une véritable prise de conscience du milieu.

·         Code de l’esprit sportif.

Les sports sont un excellent véhicule pour l’apprentissage des habiletés pro-sociales pour les jeunes.  Il est important de se pencher sur les comportements adéquats et sur la façon de gérer les situations conflictuelles qui émergent de façon inévitable lors des activités sportives.  La mise en place d’un Code de l’esprit sportif, accompagné d’un processus systématique d’appropriation par les jeunes pourraient être des bases solides sur lesquelles construire une stratégie de développement des comportements pro-sociaux.