La non-violence face aux violences urbaines

Extrait de l’ouvrage: Étienne GODINOT (1998), La non-violence face aux violences urbaines, Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (www.inrc.org); 10 p.

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Sommaire
1) Comprendre le phénomène de la violence urbaine
2) Trouver des alternatives à la violence

  • Mettre en évidence les frustrations, les conflits et les violences nés des situations d’exclusion
  • La loi, première réponse à la violence
  • Parler pour prendre de la distance avec l’émotion
  • Par l’organisation collective, sortir de l’exclusion et de l’oppression
  • Développer une culture de non-violence

Par le terme de « violences urbaines », les spécialistes désignent des actions faiblement organisées de jeunes agissant collectivement contre des biens et des personnes, en général liées aux institutions, sur des territoires disqualifiés ou défavorisés. Ces actions se
développent en dehors de tout programme de revendication. La violence peut se manifester sous la forme d’agression contre les policiers ou les commerçants, d’attaques avec des voitures bélier, d’affrontements entre bandes, d’incendie de locaux de la Poste ou d’un centre social… Aux Etats Unis, les problèmes de violence urbaine se mesurent en homicides, en massacres, en émeutes de grande ampleur. En France, la violence urbaine exprime davantage une perte de confiance dans les institutions, d’autant plus forte que l’implication de ces institutions dans l’intégration a été traditionnellement importante.

  • A l’école, la violence trahit un rejet de l’institution non pas par l’ensemble des élèves, mais par ceux qui, en situation d’échec scolaire, lui reprochent les humiliations subies. Pour des chercheurs, la massification et la prolongation des études, dans un contexte de chômage élevé des jeunes, sont les causes d’une perte de sens et de violence.
  • Dans les transports publics, la violence se manifeste par les attaques ou les insultes envers les agents ou les usagers, par des dégradations, lacérations de fauteuils…

La violence des jeunes dans les cités ne doit pas faire oublier celle des adultes : celle-ci se traduit par une agressivité ouverte, des tentatives d’autodéfense ou des manifestations de soutien au Front National.
Le phénomène de l’incivilité et de la violence dans les « quartiers sensibles », les « banlieues » ou les transports en commun doit être pris très au sérieux, car il est le révélateur de phénomènes plus graves, celui de l’exclusion, du chômage, de la démission ou de l’absence de parents…
Les comportements de violence ne doivent pas être banalisés, car ils rendent impossible la vie en société, et car ils sont le fond de commerce de partis et mouvements politiques qui prônent le racisme, la xénophobie, la peur et le rejet de l’autre.
La non-violence, face à ce phénomène, propose une analyse et des solutions. En effet, sans une analyse sérieuse, les solutions seront partielles ou insuffisantes. Renforcer la présence policière dans les banlieues peut être nécessaire, mais cela soigne les conséquences et non les causes, cela fait chuter la température du malade sans soigner la maladie.