Précarité du financement gouvernemental

Plusieurs événements récents soulignent le grand danger de la dépendance financière pour les organismes citoyens par rapport aux gouvernements.

dépendance financièreLa saga du renouvellement du financement des organismes a débuté en novembre 2009. Nous étions alors informés de la décision de l’ACDI de cesser, pour 2009 à 2013, le financement des programmes de Kairos, un organisme de solidarité des églises protestantes.  Ce fut là un premier choc. L’ACDI finance cet important organisme de défense des droits de la personne depuis 35 ans. Près d’une dizaine de millions de dollars du fédéral seraient en jeu.

Par la suite, nous apprenons que le gouvernement fédéral a l’intention de réduire son financement pour 2009-2014 à l’organisme Alternatives.

Depuis 15 ans, cet organisme fait la promotion des valeurs démocratiques et lutte de manière constante pour la justice sociale et la défense des droits de l’homme. L’existence de l’organisme dépend aussi du financement fédéral dont il obtient environ deux millions de dollars par année.

Puis, on apprend la mort du président de l’organisme Droits et Démocratie, en janvier dernier. Ce décès fait éclater au grand jour une querelle interne qui couvait depuis des mois dans l’organisme financé par le fédéral. Selon un document secret obtenu par Radio-Canada, les membres du conseil d’administration, nommés par le gouvernement fédéral, militaient pour un changement de cap de l’organisme afin qu’il soit plus favorable à Israël. Ils auraient littéralement tenté de discréditer les administrateurs de l’organisme, dont son défunt président.

StratégieCes trois événements illustrent de façon brutale à quel point la dépendance financière des organismes citoyens envers les fonds gouvernementaux est un danger. L’arrivée au pouvoir d’un parti politique conservateur et la réorientation idéologique des priorités gouvernementales suffisent à déstabiliser complètement l’action citoyenne pour les droits humains et l’action démocratique au Canada.