Penser la paix

Depuis les premières images de la décapitation de James Foley par l’EI, le discours ambiant semble se résumer à : « on n’a pas d’autre choix que de faire la guerre à l’EI ».
Les prochaines élections fédérales ne pourraient-elles pas être le moment de faire entendre la voix de tous ceux et toutes celles qui pensent la paix de façon concrète
?

Telle est la question que se pose un grand nombre des citoyens craignant que la montée en puissance de la violence entretenue par les groupes islamistes ne soit une opportunité pour nos gouvernements menés par des militaristes d’engloutir toutes nos ressources dans des guerres sans issue.

Oui, nous répond Dominique Boisvert animateur d’un blogue à son nom :

Que « les forces de paix reprennent leur place dans le débat accaparé uniquement par les forces de guerre » s’impose. Sauf que les forces de guerre sont propriétaires des principaux médias et censurent les forces de paix.

Char d'assaut grec. (Photo: SAMA/SIPA)

Char d’assaut grec. (Photo: SAMA/SIPA)

Un seul exemple : la dette de la Grèce, surtout contractée auprès de l’Allemagne, a gonflé par ses acquisitions d’engins militaires à cause de la surenchère nationaliste de gauche et capitaliste de droite qui accusait le Turquie des pires intentions impérialistes. C’est la raison pour laquelle Mikis Theodorakis a changé de parti, quittant les partis communistes, et les partis de Karamanlis et de Papandréou, dès qu’ils entonnaient la propagande militariste qui leur permettait de s’enrichir par des versements occultes des compagnies militaires en question sans réfléchir une seconde à l’endettement du pays.

À ma connaissance, AUCUN média n’évoque ce problème fondamental, préférant accuser d’irresponsabilité le nouveau président qui refuse cette dette. Et évidemment, on s’épargne ainsi de réfléchir à l’acquisition projetée de F-35 par Stephen Harper qui va en faire un instrument de règlement de compte musclé contre l’Armée Islamique. Cette analyse, vous ne la trouverez NULLE PART, ni dans Maclean’s ni dans l’Actualité ni dans L’OBS, ni dans Paris-Match (Lagardère qui fait semblant d’appuyer Charlie-hebdo qui l’accusait à chaque numéro de dérives militaristes), ni même dans des revues spécialisées établies.

Combien de journalistes s’aventurent à même mentionner l’existence de nos blogues et de nos sites (je ne parle même pas de nos opinions, perçues comme révolutionnaires ou insensées)?

Les journalistes s’interviewent entre eux et n’invitent plus aucun d’entre nous à s’exprimer à la TV ou à la radio, par crainte de leurs patrons. Alors comment faire que les forces de paix reprennent leur place?

Dans le texte de Jean-Marie Muller sur Charlie Hebdo et la non-violence (L’État islamique : du risque de la guerre au risque de la paix) on peut retenir surtout  que « nos failles sont aussi intellectuelles et morales, car l’omniprésence de la sémantique guerrière quand on évoque la situation au Moyen Orient montre que l’Occident ne sait plus penser la paix (…) ». De façon provocante, nous pourrions dire que ce n’est pas tant l’État islamique qui pose problème actuellement, mais bien les principes mêmes de la diplomatie occidentale qui ne sait plus assumer la réalité politique pour faire avancer le Bien commun. Nos seules solutions aux conflits mondiaux sont des réponses technicistes et manichéennes. Pour mener une vraie paix, il faut redonner espoir aux populations à l’abandon en leur garantissant une réelle liberté de choix sur leur vie collective, même si elle passe par des systèmes différents que la démocratie libérale. Mais sommes-nous encore capables de penser le monde au-delà du manichéisme et de la démocratie ?

Voici un texte absolument remarquable pour tous ceux qui s’intéressent à la non-violence: http://www.jean-marie-muller.fr/ARTICLES/2015/2015-01-16-caricatures-charlie.pdf

J’ajoute, pour ceux qui ne l’auraient pas vu, ce texte complémentaire d’un professeur français sur l’éthique de conviction vs l’éthique de responsabilité selon Max Weber, qui est particulièrement utile pour réfléchir sur la liberté d’expression mise en jeu par la publication des « caricatures de Mahomet »:

http://www.liberation.fr/societe/2015/01/19/charlie-ethique-de-conviction-contre-ethique-de-responsabilite_1184055

Décidément, cette tragédie n’a pas fini de susciter des réflexions extrêmement riches et essentielles pour notre capacité de vivre-ensemble, tant au niveau national qu’au niveau international (de plus en plus incontournable avec l’universalité et l’instantanéité de nos moyens de communication actuels) au cours des années à venir.

http://www.marianne.net/La-Grece-est-endettee-mais-surarmee-Cherchez-l-erreur_a207086.html

Le saviez-vous ?

La Grèce : surendettée et surarmée

Mirage 2000 de la force aérienne grecque. (Photo: domaine public)

Mirage 2000 de la force aérienne grecque. (Photo: domaine public)

En 2009, la Grèce a occupé le quatrième rang mondial des importateurs d’armes. Pour y parvenir, le gouvernement en place mit littéralement le paquet : 1,269 milliard de dollars US fut consacré à cet objectif.

Ce chiffre en tête, on ne s’étonnera pas du rapport existant, en Grèce, entre PIB et budget de la défense : ce dernier en représente 4,3%. A titre de comparaison, la France qui dispose pourtant d’une force de frappe et se trouve engagée dans deux conflits (Afghanistan, Libye), ne consacre que 2,2% à ce même budget.

Comment corrompre, donc fragiliser, le pouvoir grec : l’exemple allemand

corruptionLe « cas » fit la une et les gros titres des presses et médias tant allemands que grecs. Une filiale grecque du groupe Siemens, laquelle société était dirigée par un cadre supérieur allemand, fut mise en cause par les systèmes de justice grec et allemand relativement à des affaires de corruption et trafic d’influence.

Ceci se présentait sous la forme de pots de vin versés à des personnalités grecques. Ces dernières appartenaient au monde politique – Droite et Gauche confondues – à la haute Administration publique ainsi qu’à l’armée. Les versements devaient faciliter la signature de (gros) contrats portant sur des systèmes d’armes, des systèmes de communication et de contrôle, etc.