Montréal célèbre la journée Martin Luther King depuis 10 ans

Écrit par Normand Beaudet

Le 19 janvier 2013, marquera la 10ième Journée Martin Luther King Jr. à Montréal.

À sa séance du 15 décembre 2004, le conseil municipal de la Ville de Montréal a adopté une déclaration soulignant, en l’honneur de Martin Luther King Jr.,  le 19 janvier, Journée Martin Luther King Jr.   Pour cette occasion depuis dix ans, un petit-déjeuner a eu lieu à l’hôtel de ville, en présence de dignitaires dont le Maire de la ville de Montréal.

« Par cette déclaration, la Ville de Montréal réitère ses engagements de combattre la discrimination raciale, de promouvoir et de faire respecter les droits humains sur son territoire, de mettre tout en œuvre, dans le cadre de ses compétences, pour l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et citoyens des communautés noires et de bâtir une société inclusive, juste et équitable pour toutes et tous. », a déclaré Mme Senécal.

Lors de la cérémonie, Mme Senécal a  livré un message en faveur de la non-violence. Elle a réaffirmé la volonté de l’Administration montréalaise de tout mettre en œuvre afin de faire échec à la discrimination et à l’intolérance sous quelque forme qu’elles s’expriment.Rappelons que Martin Luther King Jr. fut un pasteur afro-américain qui a dénoncé et combattu les injustices sociales aux États-Unis par une démarche de non-violence pour la liberté, l’égalité et la dignité et plus particulièrement, pour l’amélioration de la condition de vie des Noirs.

Le 19 janvier 2013, la 10e Journée Martin Luther King – Une occasion pour célébrer les valeurs de paix et d’équité

L’organisme Leave Out Violence (LOVE)  a présenté les témoignages de trois jeunes Montréalais. Ils ont fait l’exposé de leur expérience et de l’impact que le programme sur les arts médiatiques de LOVE a eu dans leur vie. En effet, ce programme les a aidés à quitter l’environnement désespérant et violent dans lequel ils évoluaient afin de découvrir une communauté d’entraide et d’écoute de jeunes comme eux. LOVE leur a permis de développer un sentiment d’appartenance fort à un groupe sain tout en leur redonnant de l’espoir dans leur quotidien. Le moment fort de cette présentation a été un slam trilingue (anglais, français et espagnol) réalisé par un des jeunes.

2013: L’organisme Leave Out Violence (LOVE) a présenté les témoignages de trois jeunes Montréalais sur  l’impact que le programme sur les arts médiatiques de LOVE a eu dans leur vie. Le moment fort de cette présentation a été un slam trilingue (anglais, français et espagnol) réalisé par un des jeunes. (Photo: auteur inconnu)

Depuis maintenant 10 ans, le maire de Montréal,  en présence de plusieurs organismes luttant pour la paix et les droits de la personne, participe à un petit-déjeuner à l’hôtel de ville afin de souligner la Journée Martin Luther King,  et de célébrer les valeurs de paix, de tolérance et d’équité défendues par ce grand homme.

« Parce que cette journée commémorative nous permet de nous remémorer les valeurs universelles qui étaient défendues par Martin Luther King Jr, cela représente une belle occasion de souligner l’importance du message que ce grand humaniste nous a légué. Grâce à ses paroles qui sont toujours d’actualité et des principes de vie promouvant le respect et l’ouverture aux autres, Martin Luther King Jr a su marquer nos esprits en défendant l’harmonie entre les peuples, une valeur qui prend tout son sens ici à Montréal, une ville qui se veut accueillante et qui fait une place pour tous et chacun », a déclaré l’ex- maire de Montréal Gérald Tremblay l’an dernier.

Plusieurs organismes partenaires participent annuellement à cette journée en mémoire de Martin Luther King Jr; en 2012 on y retrouvait entre autre la Fondation canadienne des relations raciales, la Fondation de la famille Brian Bronfman, le Centre de ressources sur la non-violence, le programme de médiation urbaine Petite-Bourgogne (BUMP), le Centre international d’éducation aux droits humains (ÉQUITAS), et la Fondation de la tolérance.

Cette année l’événement soulignera le 50 ième anniversaire de la célèbre allocution « I have a dream »!

Discours de Martin Luther King

Discours de Martin Luther King

Cette année ce déjeuner de la pais soulignera qu’il y a 50 ans cette année, le 28 août 1963, Martin Luther King, ardent défenseur du droit des Noirs, prononçait son célèbre discours « I have a dream » (Connu comme « Je fais le rêve » ).  Le pasteur, Prix Nobel de la paix l’année suivante, l’avait prononcé au Lincoln Memorial, lors d’une marche des droits civiques réunissant plus de 250 000 personnes.

L’événement est organisé en étroite collaboration avec le Mois de l’histoire des Noirs de Montréal, un événement qui est déjà souligné annuellement au Québec et dans plusieurs régions du monde par diverses institutions publiques, privées et communautaires. Au Québec, la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs organise depuis 19 ans des activités qui permettent à la population québécoise de découvrir la richesse et la diversité des communautés noires et de rendre hommage aux personnes qui se sont illustrées dans différents domaines.

Ensemble nous célèbreront donc le Martin Luther King Day, ce célèbre pasteur baptiste, militant pour la justice, et prix Nobel de la Paix en 1964.  Cette journée du lundi le 19 janvier est dorénavant  une Fête nationale aux États-Unis, et est soulignée dans près de 100 autres pays dans le monde.  

Comme le déclarait Barack Obama lorsqu’il a inauguré le Mémorial Martin Luther King, le premier président noir à accéder à la Maison Blanche affirmait que grâce au Dr King les « barricades ont commencé à tomber, et l’intolérance a commencé à s’estomper ».

Devant une foule venue des quatre coins des États-Unis, souvent en famille et noires pour la plupart, des milliers de personnes, le président Barack Obama a affirmé que si Martin Luther King était  « vivant aujourd’hui, il nous rappellerait que le chômeur peut à juste titre s’en prendre aux excès de Wall Street, sans diaboliser tous ceux qui y travaillent », en écho au mouvement des « indignés » manifestant il y a deux ans contre la cupidité du monde de la finance.

Mais 50 ans après, « notre travail, le travail du Dr King, n’est pas terminé (…) aujourd’hui, tirons notre force des combats passés », a poursuivi le président américain, en évoquant « la reconstruction » de l’économie, l’éducation ou la santé.

Discours prononcé par Martin Luther King le 28 Août 1963 lors de la marche de Washington.  

« Je fais le rêve »  

Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation. 

Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Emancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité. 

Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays. 

C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur. 

Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice. 

Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité. 

1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel. 

Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse. 

Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles. 

Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique. 

Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. 

Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes. 

Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable. 

Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice. 

Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Georgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir. 

Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain.

Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”. 

Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. 

Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. 

Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve ! 

Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve ! 

Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair. 

Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.  

Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité. 

Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai. 

Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire ! Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’Etat de New-York !

Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie ! Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado !

Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie !  

Mais cela ne suffit pas.  

Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Georgie !

Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee !

Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi !

 Du flanc de chaque montagne, que sonne le cloche de la liberté ! 

Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual :

“ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”. 

 

Traduction française tirée du site….

www.grioo.com/info717.html