L’intervention de paix

Source d’origine: Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (www.irnc.org)

Diaporamas regroupés sous le thème de l’intervention de paix. Vous n’avez qu’à cliquer sur le titre des diaporamas pour accéder à leur version intégrale.

ICP (Photo du SIPAZ : www.interventioncivile.org)

ICP (Photo du SIPAZ : www.interventioncivile.org)

L’Intervention Civile de Paix, ou ICP, est née sur le terrain dans les années 1990, avant d’avoir été théorisée. Elle consiste en «une intervention non armée, sur le terrain d’un conflit local, de missions extérieures, mandatées par une organisation, gouvernementale ou nongouvernementale, venant accomplir des actions d’observation, d’information, d’interposition, de médiation et de coopération en vue de prévenir ou faire cesser la violence, de veiller au respect des droits de l’homme, de promouvoir les valeurs de la démocratie et de la citoyenneté et de créer les conditions d’une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux de chacune des parties en présence et leur permette de définir les règles d’une coexistence pacifique»1 (Jean- Marie Muller).

L’intervention Civile de Paix a toujours lieu suite à une demande. Le plus souvent, il s’agit d’une requête des acteurs locaux ou des populations qui, sur place, ressentent le besoin d’une telle présence. Ces demandes peuvent aussi être l’initiative d’un État. C’est une des caractéristiques fondamentales de l’ICP que d’attendre d’être sollicitée avant d’agir, avant « d’intervenir ».

Un volontaire de PBI en mission d'accompagnement au Népal. (Photo: pbifrance.org)

Un volontaire de PBI en mission d’accompagnement au Népal. (Photo: pbifrance.org)

Aussi, l’ICP rappelle constamment leur rôle à l’État ou à la communauté internationale. Les interventions n’ont pas pour but de se substituer à eux, ni d’empiéter sur leurs prérogatives. Bien au contraire, l’ICP peut se voir comme un conseiller extérieur (et allié) qui pousse l’État à regagner sa place et à remplir ses missions (protection et sécurité des citoyens) ou la communauté internationale à séparer des États en conflit armé.

L’ICP oeuvre alors, et aux côtés des populations et des instances étatiques, au bon fonctionnement des institutions juridiques, sociales ou économiques dans le but du rétablissement d’un État de droit effectif.

Intervention PBI, Népal, 2010.

Intervention PBI, Népal, 2010.

L’Intervention Civile de Paix, effective depuis le début des années 1990, est pratiquée par diverses organisations et cela à travers le monde. Certaines d’entres elles mènent des actions de plaidoyer pour faire reconnaitre l’ICP comme une alternative crédible aux interventions militaires. D’autres envoient des volontaires sur le terrain. D’autres encore associent ces 2 activités.

Le Mouvement pour une Alternative Non-Violente, Équipes de Paix dans les Balkans (qui ont travaillé au Kosovo), Pax Christi France, etc. sont des associations, qui depuis la France, travaillent sur l’Intervention Civile de Paix.

Dans ce diaporama, nous présenterons succinctement les trois organismes d’envoi suivant : Peace Brigades International, Nonviolent Peaceforce et Collectif Guatemala. Ces trois organismes ont des activités d’accompagnement protecteur, d’observation et d’information, de plaidoyer. Ils soutiennent également les organisations de la société civile sur les terrains où ils se déploient.

Deux officiers de protection nationale, Peter et Wani, avec des enfants sur le site de protection civile de Djouba, Soudan du Sud. (Photo: nonviolentpeaceforce.org)

Deux officiers de protection nationale, Peter et Wani, avec des enfants sur le site de protection civile de Djouba, Soudan du Sud. (Photo: nonviolentpeaceforce.org)

Un des besoins aujourd’hui de l’ICP est celui de la création d’un réseau opérationnel. En effet, pour intervenir efficacement, l’ICP a besoin de « réserves de volontaires ». Il faut pouvoir envoyer rapidement des corps d’intervention civile, mis en oeuvre à un niveau institutionnel avec le soutien et le financement des pouvoirs publics : ONU, OSCE, Union Européenne, organisations régionales (OUA…), communautés nationales. Ces corps d’intervention civile pourraient se composer de bénévoles professionnels, ou même de militaires volontaires formés à l’action non-violente, tout en restant ouverts à des citoyens qui désirent se rendre disponibles pour une durée limitée en interrompant momentanément leurs activités professionnelles, avec par exemple un statut de réservistes. Les unités devraient compter chacune une centaine de personnes.

Malgré presque 30 ans d’existence et d’activités, l’Intervention Civile de Paix reste méconnue et peu promue.