L’indignation au Québec

Écrit par Virginie Bernier

Lettre ouverte du Réseau québécois de l’action communautaire autonome

Changer le monde.

Transformer la société.

Éliminer les inégalités.

Effectuer des changements…

Voilà ce que réclament les indignés qui occupent présentement Montréal et depuis plus longtemps encore ceux installés à New York. Leurs revendications ont-elles besoin d’être plus précises? Pas nécessaire pour le moment, elles reflètent d’abord l’écœurement global face à nos systèmes économique et politique et l’ampleur des enjeux mondiaux.

Occupons Montréal Square Victoria, 13 novembre 2011. (Photo Jean Gagnon)

Occupons Montréal, Square Victoria, 13 novembre 2011. (Photo Jean Gagnon)

Dégoûtés. Trahis. Rejetés. Voilà comment se sentent ces quelques représentants du 99%. Sont-ils pour autant rêveurs et utopistes? Non, ils entretiennent le même espoir que des milliers d’autres citoyens et citoyennes qui ne se rendront jamais piquer leur tente au Square Victoria mais qui ne partagent pas moins leurs aspirations.

Nombreux sont ceux qui ridiculisent ce rassemblement, alors que les critiques (visant souvent la jeunesse) fusent en même nombre face à une population supposément inactive, blasée et individualiste. Ils sont pourtant bien là, ils occupent une place publique au centre-ville de Montréal et ailleurs au Québec, mais ils occupent d’abord et avant tout l’espace public, l’espace citoyen. Cet espace fait de paroles, de convictions, d’actions, de discussions et d’avenir. Cet espace de partage où le citoyen reprend, de façon pacifique, la place qui lui revient et construit collectivement le demain qu’il espère.

Parc Zuccotti, Occupy Wall Street, New York, 10 Novembre 2011. (Photo Seth Wenig)

Parc Zuccotti, Occupy Wall Street, New York, 10 Novembre 2011. (Photo Seth Wenig)

C’est cette participation citoyenne que les 4 000 organismes d’action communautaire autonome (ACA) mettent de l’avant dans chacune de leur organisation. Transformation sociale, respect des droits humains et justice sociale sont également leurs principales visées. Dans toutes les régions du Québec, en milieu rural comme en milieu urbain, dans une foule de communautés et de quartiers, s’activent des travailleurs et travailleuses, des bénévoles et des militant(e)s pour que tous les citoyens et toutes les citoyennes fassent partie intégrante des solutions proposées aux écarts grandissants entre les riches et les pauvres. La Semaine nationale de visibilité de l’action communautaire autonome (SNV-ACA), qui se tiendra du 23 au 29 octobre 2011, est l’occasion de promouvoir ces visées, de même que les avancées qu’elles ont permises au Québec.

Le mouvement des indignés va bien au-delà d’une vague de manifestations à travers le monde, bien au-delà de sacs de couchage et de réchauds ou d’une « poignée d’idéalistes » comme certains se plairaient à dire. Il représente plus largement le ressentiment d’une population et ne s’essoufflera donc véritablement que lorsque tous se sentiront inclus dans une société qui leur ressemble. Que ce soit au Square Victoria, au Zuccotti Park ou au sein des organismes d’action communautaire autonome.

Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) a pour principal mandat de défendre et promouvoir les intérêts des 4 000 organismes et regroupements d’ACA présents partout au Québec.

Virginie Bernier

Agente d’information

Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)

www.rq-aca.org