La désobéissance au Québec

La nouvelle ère du militarisme canadien.

Affiche du Festival culturel militaire de Montréal.

Affiche du Festival culturel militaire de Montréal.

Les Canadiens sont présentement exposés à une importante publicité préparée par le gouvernement du Canada pour commémorer la guerre de 1812. La première édition du Festival Militaire de Montréal « Armée de culture » et cette campagne publicitaire ne sont que deux exemples parmi plusieurs.  Il faut tenter d’étudier les soubassements de ces initiatives pour comprendre sur quelles assises le gouvernement conservateur actuel veut ériger les nouvelles valeurs canadiennes.

Des jalons de résistance civile et d’action citoyenne radicale pacifique

Plusieurs questions relatives aux lois, à l’obéissance citoyenne et la désobéissance civile ont été soulevées au cours des récentes semaines de remous sociaux.  Les autorités ont affirmé que la loi est au dessus de tout, et que le citoyen doit obéir, autrement, nous sommes face à l’anarchie.  Immédiatement, une question a émergé, qu’en est-il de l’action radicale, ou de désobéissance au Québec?  L’action des étudiants sort-elle des normes de l’action politique engagée, ou se situe-t-elle dans une tradition de lutte?

Lors de correspondances, Amir Khadir a rappelé à ma mémoire une brochure publiée à Montréal en 1975, « Civil disobedience, Theory and Practice », dédiée au célèbre objecteur de conscience, le Docteur Henri Morgentaler.  Cette brochure fait une courte recension de l’histoire de la désobéissance civile au Canada, un point de départ intéressant en ce qui concerne l’action radicale pacifique.

Ce qui est frappant souligne Amir Khadir dans une communication, c’est que la désobéissance civile a de très longues racines au Québec, allant de la résistance des Canadiens-français à la conscription dès les premières campagnes campagne de l’armée coloniale britannique contre les révolutionnaires indépendantistes américains en 1775-77, jusqu’au front commun des chefs syndicaux de 1972.  Cet échange a été l’élément déclencheur pour moi d’une réflexion sur l’historique des luttes radicales pacifiques au Québec.

En fait suite à ce survol, j’ajouterais au commentaire de monsieur Khadir, que les racines de la désobéissance se retracent probablement dès l’occupation du territoire par les colons.  En fait elles semblent omniprésente dans la vie des québécois jusqu’à l’obtention du droit de grève par les travailleurs en 1964. Avant cette date, les grèves étaient toutes des actions de désobéissance civile.  Les racines de la désobéissance au Québec sont donc profondes.  Par exemple, les coureurs des bois n’étaient-ils pas en réalité des désobéissants par vocation, voire même, de véritables décrocheurs du système en place?  La question se pose.

Certains actes de désobéissance sont bien documentés.  Entre autre, à chacune des conscriptions, de l’armée du Roi de France à celles de la couronne d’Angleterre, les paysans québécois ont résisté aux lancées militaristes des autorités.  Pourquoi? La raison est simple. La vie paysanne était terriblement rude au Québec, la nature ne laissant aucun répit.  Abandonner femme et famille dès le printemps pour aller faire la guerre jusqu’à l’hiver venue était une garantis pour la misère et la famine, l’hiver venu.  C’est le cœur de l’émergence d’un certain pacifisme, ou d’un anti-militarisme culturel québécois. Une révulsion culturelle profonde contre la guerre et les armées, vraisemblablement dû aux conséquences directes des guerres forcées sur nos ancêtres et leurs proches.  Mais il y a encore matière à recherche.

Bref ce court texte qui devait compter tout au plus de deux ou trois pages, s’est à ma surprise transformé en un survol de près de 20 pages, qui reste bien sommaire, des actions radicales, souvent illégales de la lutte populaire pacifique.  Je constate avec étonnement qu’une véritable culture de la désobéissance et de la résistance existerait donc au Québec, et nous en serions les dignes héritiers, n’en déplaise aux autorités et au législateur.

Dans ces quelques exemples, je n’ai pas la prétention d’avoir fait une véritable recension historique détaillée, j’ai mis l’accent sur certains enjeux moins connus et sur certaines actions pacifiques plus spectaculaires; ne cherchant qu’à esquisser une illustration de l’étendu de l’action citoyenne radicale en regroupant quelques observations.

Mouvement des suffragettes du Québec dans les années 1920. (Photo: domaine public)

Mouvement des suffragettes du Québec dans les années 1920. (Photo: domaine public)

Par manque de connaissance et de temps, je n’ai pas approfondi les actions du mouvement féministe (entre autre le mouvement des suffragettes québécois), des mouvements pour la tolérance face à l’orientation sexuelle, les luttes syndicales, les nombreuses actions des mouvements étudiants du passé, les luttes du mouvement souverainiste, et plusieurs lutte environnementales comme celle de Greenpeace.  Je sais aussi que le FRAPRU et le Monde à bicyclette ont aussi conduit des actions citoyennes radicales et pacifiques au Québec.  Je suis persuadé que de nombreux militants seront en mesure de compléter ce portrait.

Mais je reste impressionné par la radicalité, l’originalité, la persistance et la créativité du mouvement étudiant actuel. Il est à espérer que cette lutte restera dans la longue tradition de lutte pacifique du peuple québécois, peuple qui n’a jamais vraiment eu le contrôle des moyens du recours à la force.

Début de la colonie, et résistance à la conscription américaine.

Dès le début de la colonisation du territoire québécois, plusieurs colons se sont établis sur le territoire québécois en « squattant » illégalement des lopins de terre.  L’administration et la gestion du territoire étant tellement inefficaces et corrompues, axée sur le népotisme, que le « squat » illégal était la seule voie.  Pour le colon français, et américain dans les Cantons de l’Est,  pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et survivre sans subir l’exploitation de seigneurs parfois sans scrupules il fallait occuper. Ces actes répandus de désobéissance civile furent à l’origine de multiples conflits entre paysans et nouveaux détenteurs de titre légaux, souvent des membres de la bourgeoisie ou des officiers militaires, dans de nombreuses localités du Québec.  L’étude des concessions, des premiers titres de propriété et des litiges du temps est truffé de conflits avec des « squatters » illégaux; souvent des autochtones.

Un autre facteur important a contribué à cette culture de la résistance, la tradition des corvées populaires, obligatoires, non-rémunérées, au service des armées.  Les paysans étaient souvent conscrits de forces par les officiers de milices français  afin de contribuer à la construction des infrastructures militaires de la colonie.  Bien que cette forme d’héritage féodal ait été l’objet de constantes insatisfactions populaires et contestation, c’est suite à la Conquête anglaise que semble s’être intensifiée la résistance des fermiers français à cette forme de travail forcé non-rémunéré, imposé par le nouveau régime politique.  Le refus de coopérer à la construction des routes, bâtiments militaires et autres infrastructures de protection força les dirigeants britanniques à retirer la loi sur ces « Corvées », et la construction de ces infrastructures en préparation en préparation au conflit avec les américains devint un travail rémunéré.

Lors des campagnes militaires liées à la révolution américaine, soit dès 1775 à 1777, on retrace des actes de désobéissance systématiques et organisés. Les Canadiens français auraient alors été très peu enclins à aider les Britanniques du Canada à se défendre contre les attaques américaines. Des manifestations contre la mobilisation décrétée par les autorités militaires Britanniques ont eu lieu à l’époque, notamment semblerait-il, à Terrebonne, à Verchères et à Berthier.  Déjà, la désobéissance aux conscriptions forcées semble déjà bien implantée dans les mœurs des paysans et on semble déjà organiser la désobéissance.  Les rafles d’arrestation qui suivirent ces actes de résistance citoyen, suite à des dénonciations, entraînèrent des arrestations massives de toute personne soupçonnée ou accusée de « Haute trahison ».

Pour un pays sans armée. Écosociété.

www.ecosociete.org/t001.php

Résistance constitutionnelle de Papineau

Louis-Joseph Papineau. (Photo: domaine public0

Louis-Joseph Papineau. (Photo: domaine public0

Au début des années 1800, la désobéissance a même touché les dirigeants politiques.  Papineau prend le leadership du mouvement de contestation du peuple et participe à de nombreuses assemblées populaires afin de mobiliser les gens à la préservation de la constitution octroyée par la Grande-Bretagne au peuple du bas Canada.  Cette constitution est menacée de toutes parts par les intérêts économiques actifs dans la colonie. Papineau préconise une solution négociée et étonnamment non-violente.  Il fonde ses espoirs sur le fait que les Britanniques, fort de leur expérience avec la colonie Américaine en 1776, agiront différemment avec le Canada. Entre autres action pacifique, il préside un comité qui organise le boycott des produits britanniques dans la colonie.

La « résistance constitutionnelle » de Papineau pour l’établissement d’un gouvernement responsable prend diverses formes : campagnes électorales, rassemblements et manifestations. Mais aussi une série d’actions que le pouvoir considérait comme illégal, soit le boycott des produits britanniques, l’importation en contrebande de produits pour éviter de payer des douanes (qui était devenu pratique normal pour des milliers de gens) et jusqu’à des ruées sur des Banques pour y retirer ses avoirs.  Papineau serait le précurseur des premiers mouvements de désobéissance civile québécois, organisés par un dirigeant politique.  Pas surprenant que l’état du temps voulait la « tête à Papineau » et qu’il a du s’exiler.

On a écrit sur lui…. « La vie politique de ce grand homme est gravée, par le burin de l’histoire, en caractères indélébiles; les luttes qu’il a soutenues pour conserver intacte une constitution octroyée par la Grande-Bretagne, et dont l’oligarchie du Canada s’efforçait depuis longtemps d’arracher lambeaux sur lambeaux, sont inscrites en lettres de feu dans le cœur de ses compatriotes»

Résistance Papineau

http://archives.vigile.net/idees/critique/monierepapineau1.html 

Résistance à la conscription 1914-18

Manifestation anti-conscription à Montréal, le 24 mai 1917, au Square Victoria. (Photo: domaine public)

Manifestation anti-conscription à Montréal, le 24 mai 1917, au Square Victoria. (Photo: domaine public)

La résistance aux conscriptions semble rester l’axe central de la tradition de résistance québécoise aux autorités.  Pendant la Première Guerre mondiale, dans le contexte de la Loi sur la conscription de 1917,  les Canadiens français qui refusent le service militaire sont à l’origine de nombreuses manifestations dans plusieurs villes du Québec.   Selon Serge Mongeau qui a beaucoup écrit sur les questions de paix, on parle même de sécession à l’Assemblée législative du Québec. À Québec, les policiers tirent sur la foule lors d’une manifestation. Le bilan est de quatre morts.

Dans le cadre de cette résistance, ce ne sont pas les manifestations parfois violentes qui semblent avoir porté fruit et nui aux nombreux efforts de recrutement de l’armée canadienne, mais la fuite des conscrits.  Le refus de coopérer à la loi, la désobéissance de 41% de ces conscrits qui n’ont jamais été retrouvés par les traqueurs de l’armée canadienne fut le cœur de cette résistance que l’on tente de minimiser.  C’est sans parler des milliers d’autres jeunes qui ne sont tout simplement pas inscrits tel que l’exigeait la loi, et des nombreux citoyens leur ayant permis de se défiler.  Nombreux sont nos aînés qui peuvent encore témoigner de ces actes de non-coopération assez généralisés dans les nombreux villages ruraux du Québec.

Une culture de la résistance est bel et bien présente dans l’esprit des québécois, et la révulsion face aux conséquences de la guerre des puissants en sont une éloquente illustration.  Pour un peuple qui se sent toujours conquis et opprimé, ce n’est certainement pas une surprise.

http://www.francoidentitaire.ca/quebec/texte/T3240.htm 

Résistance conscription 1939-45

Manifestation à Montréal en faveur du non, lors du plébiscite concernant la mobilisation nationale. (Photo: domaine public)

Manifestation à Montréal en faveur du non, lors du plébiscite concernant la mobilisation nationale. (Photo: domaine public)

Il est intéressant de relire l’histoire dans une perspective de résistance  populaire, on réalise que le radicalisme pacifique n’est pas nouveau. La tradition anti-militariste se poursuit donc au cours de la seconde guerre mondiale de 1939-45.  Le référendum sur la conscription montre une impressionnante opposition de la population québécoise, les citoyens s’opposent au recrutement forcé à la hauteur de 72%.  On doit se mettre en contexte, et comprendre qu’en avril 1942, au moment de ce plébiscite, on est en plein coeur d’une intense propagande de guerre.

Plus de la moitié des conscrits qui ont illégalement fui l’armée canadienne étaient des Québécois.  De son côté, le Canada anglais accepte le principe de la conscription à 79 %.  Encore une fois, dans un de ses ouvrages, Serge Mongeau souligne la forme la plus efficace qu’a pris la résistance civile. « Bien des jeunes Québécois […] se réfugieront dans les bois ou se cacheront ailleurs, avec l’appui sympathique de la population ».  Le pouvoir est donc impuissant sans la collaboration du peuple.

C’est grâce à cette non collaboration active de la population, à son appui actif à cette forme de désobéissance par refus de coopérer, que les efforts de recrutement de l’armée canadienne se sont avérés peu concluant.  Ainsi, la mise en application de la loi s’est avéré un véritable défi pour les dirigeants.

Il semble particulièrement ignoble et déplacé, dans le cadre d’une telle tradition de débrouillardise pour la survie et de résistance aux autorités, de prétendre que ces actes de résistance aient été guidés par une couardise ou une quelconque sympathie pour les visées fascistes de certains militants du moment.

Houde, amaigri, revient en train à Montréal après sa libération du camp en août 1944. (Photo: domaine public)

Houde, amaigri, revient en train à Montréal après sa libération du camp en août 1944. (Photo: domaine public)

On peut aussi voir la « traitrise » du maire de Montréal, Camilien Houde, dans une toute autre perspective. Son opposition à la politique d’enregistrement pour service militaire décrétée par le gouvernement fédéral canadien de Mackenzie King, en 1940, reprend ainsi tout son sens.  Ce geste de désobéissance qui lui valut une déportation sans procès dans un camp de concentration à Petawawa pendant quatre ans révèle le courage et l’engagement du personnage politique envers son peuple.

Comment se surprendre que le soir du 16 août 1944, au moment où il arrive à la gare Windsor de Montréal, une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes, pleine d’émotion, soit venue l’attendre et l’accueillir. Camillien Houde entre alors dans la légende.  L’histoire en fera peut être le principal symbole de non-coopération politique par un dirigeant politique québécois. La répression dont fut l’objet son geste lui acquit l’estime populaire, et il restera une véritable légende de l’histoire de la lutte populaire non-violentes et de l’action politique radicale au Québec.

Camilien Houde

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/collaborations/8674.html 

Missiles BOMARCs 

Protestation assise contre les missiles Bomarc à La Macaza, 1964. (Photo: domaine public)

Protestation assise contre les missiles Bomarc à La Macaza, 1964. (Photo: domaine public)

Suite à la guerre, le sentiment antimilitariste ou anti-guerre québécois s’est encore manifesté face à l’imposition de politiques fédérales.  Difficile de parler de la tradition de militance radicale des québécois sans souligner l’Opération Saint-Jean Baptiste du 17 au 21 juin 1964.  Des manifestants pacifistes québécois et canadiens tentent de pénétrer dans la base militaire de La Macaza, ils en bloqueront l’accès pendant 17 heures.

Deux célèbres résistants québécois font parti de cette première action publique de désobéissance civile, Simonne Monet-Chartrand et Michel Chartrand.  C’est la première action publique d’interposition citoyenne volontaire, en infraction à la loi, qu’il m’a été possible de recenser à ce moment par ce rapide survol.

Missile Bomarc, 1964. (Photo: domaine public)

Missile Bomarc, 1964. (Photo: domaine public)

La Macaza est une base militaire installée dans la forêt des Laurentides près de Mont-Laurier.  Elle est à ce moment l’un des points stratégiques du système de défense de l’Amérique du Nord (N.O.R.A.D.). Elle abrite alors, depuis, peu des missiles Bomarc armés d’ogives nucléaires fournies par l’Armée américaine. Ces engins sont des fusées sol-air munies d’une bombe atomique dite tactique, d’une puissance équivalant à 400 tonnes de TNT, et dont le rayon d’action atteint 400 milles.

L’introduction de telles armes nucléaires au Québec avait déjà provoqué plusieurs manifestations pacifistes depuis 1964, à l’initiative du Mouvement pour le désarmement nucléaire et la paix.

Les Québécoises et le mouvement pacifiste (1939-1967)

http://ecosociete.org/livres/les-quebecoises-et-le-mouvement-pacifiste 

Henry Morgentaler, droit à l’avortement.

Morgentaler durant une manifestation pour la liberté de choix à Ottawa, 1983. (Photo: Paul Chiasson)

Morgentaler durant une manifestation pour la liberté de choix à Ottawa, 1983. (Photo: Paul Chiasson)

Les années soixante sont une période d’effervescence politique au Québec.  Une étude des mouvements souverainistes et étudiants du moment pourrait permettre de recenser de nombreuses initiatives de résistance citoyenne pacifique.

Une lutte particulière retient mon attention tant par l’originalité de l’action de résistance, que par la teneur radicale et dramatique des gestes posés est l’histoire du Docteur Morgentaler.  Cet homme qui atteint l’âge vénérable de 90 ans, s’est battu pendant plus de 30 ans pour le droit à l’avortement libre et gratuit au Canada.

Henry Morgentaler est un survivant de l’Holocauste. Après avoir survécu au camp de concentration d’Auschwitz, il accepte une bourse d’étude des Nations unies offerte aux survivants juifs. Il étudie alors la médecine en Allemagne.

Après ses études, il refuse d’aller en Israël pour cause politique. Lui et son épouse quittent l’Europe en 1950 et vont au Canada, où il pratique la médecine à Montréal. Il travaille comme médecin généraliste pendant presque vingt ans, jusqu’à ce que ses opinions sur l’avortement créent des conflits qui l’amènent à interrompre son activité. Le 19 octobre 1967, il s’adresse à un comité du gouvernement du Canada et y énonce que les femmes enceintes ont le droit d’avoir des avortements sécuritaires.

5 juillet 1983: des manifestants tente d'empêcher les policiers de quitter la clinique de Morgentaler à Toronto après la descente policière. La clinique fut rouverte 3 heures plus tard. (Photo: John McNeill)

5 juillet 1983: des manifestants tente d’empêcher les policiers de quitter la clinique de Morgentaler à Toronto après la descente policière. La clinique fut rouverte 3 heures plus tard. (Photo: John McNeill)

En 1969, il abandonne la médecine familiale et commence ouvertement à pratiquer des avortements illégaux. Peu après 1970, il est arrêté à Québec après avoir pratiqué un avortement.  Plus tard en 1973, il dit avoir pratiqué 5 000 avortements illégaux. Il est acquitté par un jury dans une affaire judiciaire, mais l’acquittement est renversé par cinq juges de la Cour d’appel du Québec en 1974. Il est emprisonné pendant 10 mois avant d’en appeler de la condamnation et d’être par la suite de nouveau acquitté.  Il qualifie de « jeu d’enfant » l’expérience d’emprisonnement, comparativement à ses cinq années passées dans le camp d’Auschwitz à l’adolescence.

En 1988, il obtient enfin gain de cause : l’arrêt Morgentaler décriminalise l’avortement et invalide toutes les restrictions qui y étaient rattachées. En 1992, une bombe explose à sa clinique de la rue Harbord à Toronto. Morgentaler n’est pas physiquement blessé. En 1993, il gagne une nouvelle cause devant la Cour suprême, R. c. Morgentaler (1993), cette fois contre une réglementation provinciale de l’Ontario sur l’avortement.

Depuis le début du XXIe siècle, Morgentaler travaille pour ouvrir deux cliniques privées d’avortement dans l’Arctique canadien, afin que les femmes vivant là-bas n’aient pas à voyager de grande distance pour pouvoir se faire avorter.

Cet homme, plus grand que nature, illustre parfaitement ce qu’un citoyen qui a franchis ses peurs peut accomplir.

Henry Morgentaler, plusieurs extraits de Wikipedia ont été utilises pour ce texte.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Morgentaler

http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/478.html

Actions Syndicales

Grévistes membres du Front commun, 1972. (Photo: Archives CSN)

Grévistes membres du Front commun, 1972. (Photo: Archives CSN)

Lorsqu’on parle de mouvement radical, de lutte populaire d’envergure et de moyens d’action radicaux; on ne peut pas passer à côté des mouvements ouvriers du Québec.  Certains militants radicaux contemporains, par pure ignorance ou par prétention idéologique dénigre de grands pans de l’histoire des luttes sociales du Québec.

Il faut souligner qu’au Québec, avant l’obtention du droit de grève en 1965, toutes les grèves étaient des actions de désobéissance civile.  Une grève de travailleurs était un acte illégal.  La première grève au Québec serait une grève des chapeliers de Québec en 1815, suivi d’une grève des ébénistes à Montréal en 1824.  Encore une fois, on découvre que les racines de la résistance et de l’action radicale pacifique et illégale sont profondes.  Au cours des années 60, les infirmières, le personnel des hôpitaux et les enseignants ont subi la répression des autorités avant l’obtention du droit de grève.

Même après l’obtention du droit de grève strictement encadré, la désobéissance civile a fait parti de l’arsenal de la lutte syndicale.  Le 11 avril 1972, quelque 210 000 employés de la fonction publique et parapublique québécoise entament une grève générale. Mais dix jours plus tard, une loi spéciale met fin au débrayage. Les trois chefs du Front commun intersyndical refuse de s’y conformer et sont emprisonnés.  Ils ont sciemment  encouragé leurs membres à désobéir au décret du gouvernement. La lutte syndicale menée par Louis Laberge, Marcel Pépin et Yvon Charbonneau procurera toutefois des gains importants aux syndiqués.

La grève générale lancée par le Front commun des 3 syndicats nationaux québécois en 1972 était une grève illégale, c’était à ce jour la plus massive des actions de désobéissance civile dans l’histoire récente du Canada.  Mais, grâce aux actes de défi massif, désobéissant à la loi 78, les étudiants du Québec viennent de fracasser ce record de la désobéissance civile pacifique la plus importante de notre histoire.

Front commun

www.csn.qc.ca/web/csn/communique/-/ap/nouv09-05-12

Résistance rurale

De nombreux actes résistances citoyens et de multiples barricades routières effectuées par des compatriotes ruraux pour s’opposer à la fermeture de services publics essentiels se sont produits au Québec.  L’action pacifique radicale n’est donc pas qu’un de militants politiques éclairés, formant un genre d’avant-garde de la lutte.  Au Québec, l’action politique radicale est l’affaire de tous.

Opérations Dignité. (Photo: inconnu)

Opération Dignité. (Photo: inconnu)

Au Québec, l’Opération Dignité en Gaspésie est un exemple probant en ce sens…. Au début des années 1970, des citoyens des régions concernées, insatisfaits des projets de développement imposés par le gouvernement, et choqués de voir ce même gouvernement fermer des villages, se lanceront dans une véritable campagne de résistance et d’action sociale : l’Opération dignité. Organisée autour de l’axe paroissial et initiée par trois curés, le mouvement visera à faire « déraper » le projet du BAEQ, tout en revendiquant travail et dignité pour les populations dans leur milieu rural.

On assiste à la mise en place de barricades routières, au refus de citoyens et de dirigeants à se conformer aux consignes des autorités, à l’occupation de sites de services voués à la fermeture, à la nuisance systématique et l’interposition face aux démolisseurs; cette campagne sera une véritable prise de conscience du caractère parfois inhumain et abusif de plans dessinés par les autorités politiques pour contraindre une population.

De cette résistance citoyenne naîtra l’action sociale concertée. « Celle-ci se manifeste en particulier dans l’appui accordé aux différents mouvements de solidarité qui surgissent alors et qui vont subsister jusqu’à aujourd’hui : les Opérations-Dignité (1970-1972), le JAL (1973-1974), la Coalition Urgence rurale (1980-1990). ». Au départ, des groupes populaires émergeront spontanément et s’organiseront au fil des événements, fonctionnant à l’aide d’une structure organisationnelle souple et légère disposant de peu de moyen.

Les médias accorderont une place de choix à l’Opération dignité, si bien que le gouvernement sera contraint de reculer. Aujourd’hui encore, cette tranche d’histoire est l’assise sur laquelle se sont construits les mouvements de défense du développement durable comme, par exemple, Solidarité rurale du Québec.  Il est facile de constater que la résistance non-violente, et radicale n’est pas qu’un moyen de lutte urbain.

Opération dignité.

http://operationdignite.com/Petite-histoire-de-la-Journee-de.html 

Les expropriés de Mirabel

Manifestation devant les bureaux de Mirabel, 1974. (Photo: Garth Pritchard)

Manifestation devant les bureaux de Mirabel, 1974. (Photo: Garth Pritchard)

En 1969, le gouvernement de Pierre Elliott-Trudeau réalisa la plus grande expropriation de l’histoire du pays au nom du développement, pour construire le plus grand aéroport au monde : Mirabel. Le projet fut un cuisant échec pour plusieurs raisons sociales, politiques et économiques.

A moment ou les expropriés de Mirabel prenaient conscience de l’injustice des conditions de leur expropriation, une véritable résistance populaire émergea.  Les confrontations avec les autorités étaient presque inévitables. Après 1972, le CIAC avait réussi à mobiliser environ 2000 membres et ils étaient de plus en plus puissants face au gouvernement.  Les citoyens étaient informés et mobilisés.

Les 16 paroisses qui étaient parfois en compétition avant l’expropriation se retrouvèrent unies pour une cause : la défense de leurs droits. Plus les années passaient, plus les forces policières devaient faire face à un groupe informé et conscient qu’ils étaient victimes d’injustices. Le mouvement se montrant de plus en plus fort, l’État utilisait son pouvoir de coercition, encore une fois pour intimider le mouvement.

Manifestation contre l'expropriation de Mirabel, 1982. (Photo: George Bird)

Manifestation contre l’expropriation de Mirabel, 1982. (Photo: George Bird)

Cela n’arrêta point leur ardeur, ils continuèrent à manifester en trouvant toujours de nouvelles façons d’attirer l’attention des médias, les actions des agriculteurs expropriés ne manquait pas d’originalité.

Par exemple, lorsque les Travaux publics voulurent contrôler jusqu’au conditionnement de leur terres, le mouvement alla épandre du fumier sur leur terrain. Un autre cas impliquant les épandeurs à fumier fut celui de l’inauguration de la grange à Rousille. Le gouvernement avait décidé de transformer cette grange expropriée en galerie d’art. Les agriculteurs mécontents voulurent faire «sentir» aux invités de l’inauguration que cette grange avait, d’abord et avant tout, une vocation agricole.

Lors de procès contestant des conditions injustes de règlement, les agriculteurs ont apporté des vaches, des fourragères et des tracteurs dans les rues et devant le palais de justice de Saint-Jérôme.

On commente :  «[…] fallait voir les petites génisses brouter (l’herbe étendu sur) l’asphalte sous la surveillance de la brigade anti-émeute»

Manifestation devant le Parlement à Ottawa contre la compensation inadéquate suite à l'expropriation de Mirabel, novembre 1978. (Photo: archives Canadian Press)

Manifestation devant le Parlement à Ottawa contre la compensation inadéquate suite à l’expropriation de Mirabel, novembre 1978. (Photo: archives Canadian Press)

À plusieurs reprises, ils occupèrent les bureaux du fédéral. Le but n’était pas de vandaliser les lieux, mais bien de ralentir le travail du gouvernement.

«Aucun dégât, ni dommage… juste assez de dossiers mélangés pour occuper les fonctionnaires pendant un bon bout de temps».

Mais tout cela ne se faisait pas sans peines. Évidemment, il y eu  maintes reprises des arrestations et poursuites judiciaires suite à ces actes de désobéissance civile. Que faire lorsque l’État utilise la force et que l’on est certain qu’il est dans le tort? Cela résulta en certains dérapages de violence générée par la répression policière légitimée par le gouvernement Trudeau.

La résistance de ces paysans floués doit rester un jalon de l’histoire des résistances populaires.

La lutte des agriculteurs de Mirabel

https://papyrus.bib.umontreal.ca/jspui/bitstream/1866/4312/4/Gagnon_Poulin_Eric_2010_memoire.pdf

Les organisations religieuses et les sanctuaires

Plus inattendu pour plusieurs, les organismes religieux ont aussi d’importantes réalisations dans le domaine de l’action radicale et de la désobéissance civile.  Dans la plus pure tradition du Chemin de fer souterrain, « Undergound Railroad », fierté canadienne de la lutte anti-esclavagiste; les sanctuaires illégaux ont été utilisé pour protéger des réfugiés sous ordre d’expulsion.

Malgré plusieurs cas dans les années 70, c’est  dans les années 80 que le recours au sanctuaire resurgit au Canada avec le cas d’un jeune guatémaltèque qui permit d’obtenir un moratoire sur les renvois au Guatemala.  Au Québec, même si le recours au sanctuaire ne devient pas le mouvement important que connait les États- Unis, les sanctuaires surviennent ponctuellement. Lorsque la vie des personnes est menacée et que les abus ou les erreurs du processus de déportation sont flagrants, les organismes religieux invoquent le devoir de protéger son prochain.

Manifestation d'appui à Mohamed Cherfi, menacé de déportation, mars 2004. (Photo: archives Radio-Canada)

Manifestation d’appui à Mohamed Cherfi, menacé de déportation, mars 2004. (Photo: archives Radio-Canada)

D’ailleurs, le gouvernement libéral de Jean Charest a fait l’histoire ici puisqu’il a la honteuse responsabilité de la première violation du sanctuaire de l’Église St-Pierre à Québec le 5 mars 2004.   Ce geste pour arrêter puis  déporter un demandeur d’asile, a suscité une forte réaction d’indignation au sein de la population. Différents milieux et différentes organisations, laïques tout aussi bien que religieuses, ont dénoncé cet abus de pouvoir des forces policières et des agents d’immigration qui ont ainsi rompu la tradition du recours à la protection des sanctuaires établie respectée jusqu’alors. Plusieurs ont aussi rappelé l’importance qu’ont ces espaces sacrés pour assurer la défense des plus vulnérables contre un système générateur d’injustices mais aussi pour affirmer les valeurs fondamentales des sociétés québécoise et canadienne, d’accueil.

En cette année 2004, année de mise en œuvre de lois restrictives en termes d’acceptation de réfugiés, au moins huit églises ont accepté d’accorder le refuge à des demandeurs d’asile qui étaient menacés de déportation.  Ces êtres humains avaient épuisé tous les recours possibles pour faire reconnaître leurs besoins de protection, malgré l’appui de ressources citoyennes expertes dans le domaine.

Ces sanctuaires qui se sont matérialisés en cette année charnière se retrouvent dans différents lieux au Canada : Halifax, Québec, North Hatley, Montréal (3 lieux), Ottawa et Winnipeg. Les communautés de foi qui se sont engagés à enfreindre la loi appartiennent à différentes dénominations chrétiennes : l’Église Unie du Canada (3), l’Église Unitarienne (2), l’Église catholique (2) et l’Église anglicane (1).  Lorsqu’on parle d’actions politiques radicales, on a souvent l’image du jeune militant habillé en noir et confrontant la police. Le mouvement des sanctuaires illustre parfaitement l’effet pervers de la propagande.

Cette tradition de désobéissance civile est bien vivante tant au Canada, qu’au Québec et cette tradition doit se maintenir afin que notre société garde un minimum d’humanité en cette sombre période pour la condition humaine.

Sanctuaire de réfugiés.

www.egliseunie.org/paroisses/st-pierre/textes/violation_sanctuair.pdf 

Nos impôts pour la paix

L’association « Nos impôts pour la paix » fait la promotion depuis 30 ans d’une désobéissance fiscale pour éviter de payer la part de nos impôts fédéraux qui va au soutien à la guerre.

conscience-canadaCeux qui s’objectent aux dépenses militaires par principe, ou pour des raisons de conscience, et qui veulent faire connaître leur objection au gouvernement canadien en ont la possibilité.  Plusieurs canadiens retiennent leur impôts et de les placent dans un compte commun de résistance.  Ce fond génère des bénéfices qui sont réinvestit dans des initiatives citoyennes de paix.

Ainsi, au cours des années ce sont plus de 1000 canadiens qui ont participé à cette forme d’objection de conscience fiscale, ou de désobéissance civile contre la loi sur l’impôt.  A ce jour aucune accusation criminelle n’a été portée contre ces honnêtes citoyens qui expriment leur objection face aux impôts militaires depuis les débuts de l’organisme citoyen Conscience Canada en 1978.

Nous avons ici un autre exemple d’action radicale ou des personnes enfreignent volontairement la loi pour lutter en faveur d’une cause qui touche des principes humains fondamentaux.

Comité des Quakers

http://quakerservice.ca/our-work/human-rights/conscientious-objection/

Actions pacifistes contre les déploiements de missiles intermédiaires en Europe

Manifestation au siège des Nations-Unies, NY, juin 1982. (Photo: inconnu)

Manifestation au siège des Nations-Unies, NY, juin 1982. (Photo: inconnu)

Au début des années 1980, l’Europe est en émoi.  L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), la seconde puissance militaire de la planète vient tout juste de déployer les missiles intermédiaires SS-20 à la frontière de ses pays alliés.  L’Occident par la voie de l’OTAN, veut riposter par le déploiement dans ses propres pays alliés de sa toute nouvelle quincaillerie nucléaire, les missiles de croisières et Pershing. Le pépin est que ces armes seront sous responsabilité d’un commandement militaire américain, et que leur déploiement accroît de façon considérable les risques de guerre nucléaire totale, et accidentelle.  C’est la furie en Europe où plusieurs centaines de milliers prennent la rue, et des milliers de citoyens organisent des centaines d’actions de désobéissance civile.

Au Québec aussi la résistance au militarisme s’installe, et des milliers de québécois prendront des autobus, plus de 50 au total, pour se rendre au siège des Nations Unies le 12 juin 1982 pour une manifestation historiques regroupant plus de 2 000 0000 de personnes.  C’est dans ce contexte que s’organisent les premières actions de désobéissance civiles non-violentes entraînant des arrestations importantes au Québec. Ces actions de désobéissance civile du 25 octobre 1983 à Montréal devant les consulats américain, soviétique et le Centre de recrutement des Forces Canadiennes deux jours plus tard entraînent l’arrestation de plus de 80 personnes.

Manifestation anti-nucléaire, NY, 12 juin 1982. (Photo: inconnu)

Manifestation anti-nucléaire, NY, 12 juin 1982. (Photo: inconnu)

Ces actions marquent le début de campagne de luttes citoyennes dans la plus pure tradition de la lutte non-violente.  Les militants reçoivent une formation à l’action, le scénario de l’action est préétablis, les gens consultent des avocats et sont au courant des conséquences de leurs actes.  En cas d’arrestation prévisible ou inévitable, les arguments et stratégies de défense sont abordées et une entente de solidarité est signée.

Ces actions politiques radicales de citoyens indignés mèneront à une dizaine d’années d’action citoyenne non-violente sur des enjeux militaires et d’injustice économique.

Crise des missiles au Québec

http://bv.cdeacf.ca/CF_PDF/LVR/1984/15janvier/126137.pdf 

Luttes autochtones pour le droit à l’autodétermination

La barricade autochtone à Oka en 1990. (Photo: inconnu)

La barricade autochtone à Oka en 1990. (Photo: inconnu)

La longue tradition autochtone de barricade routière pour revendiquer des bénéfices de l’exploitation de leurs terres ancestrales est évidente pour tous.  Ce qui est parfois moins évident pour le citoyen, c’est que la grande majorité ont toujours été pacifique, et se sont accompagnées de nombreux gestes de résistance : longues marches, interposition face aux développeurs, nuisance aux travaux, refus de se conformer aux règles de coupe, de pêche et de chasse, et parfois, sabotage évitant les traumas et divers actes de non-coopération avec les forces de l’ordre.  A de nombreuses reprises, ces actes ont pris la forme de désobéissances civiles.

L'action non-violente du peuple Innu pour le Nitassinan; contre les vols à Basse altitude de chasseurs de l'OTAN, basés à Goosebay a fait l'histoire. Les autochtones ont occupés pendant plusieurs semaines les pistes, hommes, femmes enfants... (Photo: inconnu)

Le peuple Innu, contre les vols à basse altitude de chasseurs de l’OTAN, basés à Goosebay, a occupé pendant plusieurs semaines les pistes. (Photo: inconnu)

Une campagne de désobéissance civile pacifique des plus intéressantes dans l’histoire des luttes autochtones au Québec s’est déroulée sur la Côte-Nord du Québec et au Labrador, à la fin des années 1980. Il s’agit de la lutte non-violente du peuple innu contre les vols à basse altitude (jusqu’à 30 mètres du sol) effectués par des chasseurs supersoniques de pays de l’OTAN dans cette région appelée Nitassinan. Les Innus se sont opposés au projet de transformer la base militaire canadienne en base permanente de l’OTAN, ce qui aurait eu pour effet de décupler le nombre de ces vols extrêmement bruyants – qui serait passé de 6000 à 100 000 par année – et des simulations de bombardements sur le territoire où ils vivent et chassent.

C’est en septembre 1988 que des Innus décident de passer à l’offensive en initiant une campagne de désobéissance civile. Une famille occupait déjà l’aire de bombardement depuis le début du mois de septembre. Le 15 septembre, une première manifestation est organisée sur la base de Goose Bay, dans la section réservée à l’aviation allemande. Soixante-dix personnes y participent, incluant des enfants et des personnes âgées. Toutes sont arrêtées et accusées de méfaits. Cette répression ne les décourage pas, au contraire. Sept jours plus tard, un autre groupe d’Innus, de tous les âges, occupe la section hollandaise de la base. Ils se couchent sur le sol (une pratique appelée die-in – variante du sit-in – comme s’ils étaient morts). Les 63 adultes et 15 enfants qui ont participé à cette action sont accusés de méfaits.

Manotick, Ontario. Des Innus marchent durant 3 mois, 850 km, en protestation contre les vols à basse altitude. (Photo: inconnu)

Manotick, Ontario. Des Innus marchent durant 3 mois, 850 km, en protestation contre les vols à basse altitude. (Photo: inconnu)

La campagne se poursuit le 27 septembre. Deux cents Innus manifestent de nouveau, arrêtant les activités militaires pendant deux heures. Mais, cette fois, il n’y a aucune arrestation. Le 4 octobre, un groupe de personnes occupe le bout de la piste de décollage. Des vols militaires en provenance d’Europe sont retardés et un vol commercial est dirigé vers un autre aéroport. Sept personnes sont arrêtées, dont les leaders autochtones.

En mars, les Innus relancent leur campagne par des vagues successives d’occupation. Entre le 18 et le 23 mars, soixante-huit personnes sont arrêtées en essayant d’installer leur tente sur la base militaire de Goose Bay.  Dans ce contexte particulier, l’action de désobéissance civile a permis à la totalité des gens de se joindre à la lutte et de manifester leur indignation; de l’enfant à la grand-mère.

Une analyse approfondie des luttes autochtones au Québec pourrait multiplier les exemples du genre. C’est lorsqu’un moyen de lutte est accessible à tous qu’il prend véritablement toute son efficacité.

Lutte au Nitassinan

www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=1348

Assemblée des premières nations.

http://www.afn.ca/index.php/fr 

Projet des Ombres

Projet des ombres, 6 août 1985, Edmonton, Canada. (Photo: inconnu)

Projet des ombres, 6 août 1985, Edmonton, Canada. (Photo: inconnu)

Au milieu des années 80, les organismes montréalais lancent une campagne d’actions, combiné à des actes de désobéissance civile pour sensibiliser aux dangers de la guerre nucléaire et conséquences possibles d’une telle guerre.

Cette campagne pour la paix sera épique car annuellement, pendant trois ans, des militants radicaux arpentent les rues de Montréal la nuit et peignent des ombres sur le pavé des rues de la ville, en contravention des règlements municipaux.  L’événement central de la cause est la commémoration du bombardement atomique d’Hiroshima.

Des campagnes se succèdent où des militants arpentent les rues de Montréal en peignant des ombres humaines sur le pavé et les trottoirs. Ce geste commémorait les personnes qui s’étaient désintégrées lors de l’explosion atomique et n’avaient laissés qu’une trace de cendre à forme humaine sur le sol. Jusqu’en 1986 ces campagnes contrevenant aux lois municipales mèneront à l’arrestation de plusieurs dizaines de militants pour la paix par la police municipale.

Entre les six et neuf août le « Projet des ombres » transformait les rues de Montréal en véritable jeux du chat et de la souris.  Les militants pacifistes arpentaient les rues munis de cruchons remplis de chaux et leurs éponges, dessinant aussi rapidement que possible des centaines d’ombre humaines sur les pavés.  Les policiers de l’administration Drapeau tentaient eux, désespérément, de les repérer et de les détenir aussi rapidement possible afin de limiter le nombre de symbole relatant la destruction atomique auxquels les citoyens montréalais seraient exposés le matin venu.

Projet des ombres. (Photo: inconnu)

Projet des ombres. (Photo: inconnu)

Ces gestes citoyens sont à l’origine des partenariats montréalais avec la ville d’Hiroshima, de la commémoration annuelle du recours à l’arme atomique au Jardin botanique et de la présence du pavillon du bassin Bonsecours conçu à l’image du Dôme d’Hiroshima; mausolée commémoratif de ce drame humain dans le Vieux Port de Montréal.

D’ailleurs, cette place devrait se nommer la place du « Projet des Ombres ».

Couverture de The Gazette

http://news.google.com/newspapers?nid=1946&dat=19850807&id=OyAyAAAAIBAJ&sjid=16UFAAAAIBAJ&pg=2619,2703277 

Uranium Namibien

Arrestation suite à des actions contre l'uranium namibien à Montréal, août 1986. (Photo: archives La Presse)

Arrestation suite à des actions contre l’uranium namibien à Montréal, août 1986. (Photo: archives La Presse)

Ces campagnes ont touchées en 85 et 86, la lutte au régime raciste d’Afrique du Sud.  Parmi plusieurs actions contre des entreprises qui faisaient affaire avec le régime politique raciste,  l’importation d’uranium en provenance de la Namibie, occupée par l’Afrique du Sud, fut un enjeu ciblé.  Des ententes internationales empêchaient le Canada de faire affaire avec des pays et entreprises exploitant les ressources de ce pays occupé.

Une centaine de militants formés à l’action de désobéissance civile non-violente ont constitués divers groupes d’affinité.  Ceci afin de conduire une campagne d’opposition à la transformation de l’uranium namibien provenant au Canada par le Port de Montréal, étant destinés à un retraitement à Éliott Lake et à être retourné comme combustible en Afrique du Sud.

Étalée sur plusieurs semaines, la campagne a fait connaître le travail de recherche effectué par les gens de Greenpeace Canada sur le retraitement de cet uranium, elle a alerté l’opinion publique sur la question, forcé le parlement à étudier la question et à prendre position.  Près d’une centaine de militants de groupes anti-nucléaire et anti-apartheid ont été arrêté

s suite à diverses formes de blocus, à des entrées par effractions et de multiples actes de nuisance au transit des camions qui acheminaient l’uranium.

Les procès, très médiatisés, utilisant des avocats internationaux de renom, ont ultimement menés à l’arrêt de l’importation d’uranium namibien en provenance de l’Afrique du sud.

Peace Magazine 

http://peacemagazine.org/archive/v03n4p40.htm  

L’îlot Overdale, une résistance à l’éviction.

"Sauvons Overdale". (Photo: inconnu)

« Sauvons Overdale ». (Photo: inconnu)

Le 2 juin 1987, Overdale entre pourtant dans l’actualité. L’administration du maire Jean Doré, qui avait suscité bien des espoirs lors de son élection quelques mois plus tôt, annonce qu’elle en est venue à une « entente sans précédent » avec des promoteurs immobiliers. Les 107 logements et chambres à bas loyer d’Overdale seront démolis pour faire place à 650 condominiums de luxe. En échange, les locataires se voient offrir la possibilité de déménager dans 72 appartements payés par les promoteurs.

Rue Overdale 1987. (Photo: inconnu)

Rue Overdale 1987. (Photo: inconnu)

L’entente rencontre une fin de non-recevoir de la part des locataires que la Ville n’a jamais tenté de mettre dans le coup. Un projet alternatif fait rapidement surface : la préservation des logements actuels et leur intégration, sous forme de coopérative d’habitation, au développement immobilier projeté. La bataille juridique prend forme. Celle dans la rue aussi, avec le soutien de personnalités et de groupes, dont le FRAPRU qui s’y montre particulièrement actif.

"Mon logement n'est pas à vendre": Lecture du mémoire du FRAPU en commission parlementaire le 17 août 1987. (Photo: Ross Peterson)

« Mon logement n’est pas à vendre »: Lecture du mémoire du FRAPU en commission parlementaire le 17 août 1987. (Photo: Ross Peterson)

La lutte durera 18 mois. Elle se durcit à partir de mars 1988, quand six personnes, majoritairement des locataires d’Overdale, se font arrêter en résistant de manière pacifique à l’arrivée d’ouvriers chargés de la démolition intérieure de certains logements. Les 23 et 27 juin, 20 autres personnes se font arrêter, en s’objectant à l’éviction des locataires, dont les trois permanents du FRAPRU et bon nombre de membres de l’organisme. Le 4 octobre, c’est en s’opposant à la démolition de certains des bâtiments que six autres sont incarcérés et détenus durant 35 heures, dont quatre membres du FRAPRU.

Occupation pour Overdale, 1987. (Photo: inconnu)

Occupation pour Overdale, 1987. (Photo: inconnu)

À la fin décembre, les quatre dernières personnes résidant à Overdale sont évincées. La coop rêvée par les locataires ne verra jamais le jour. Elle avait été nommée Hazel Craig, du nom d’une locataire qui y a résidé durant 48 ans et qui refusait d’en être évincée, jusqu’à ce que l’on retrouve morte dans son logement…

Le squat de 2001

Overdale n’est aujourd’hui qu’un terrain de stationnement. Le projet de condominiums de luxe n’a jamais vu le jour. Il n’y reste qu’un seul bâtiment, vide, la maison historique où a vécu l’homme politique Louis-Hippolyte Lafontaine.

Maison Louis H Lafontaine, 14 avril 2008. (Photo: inconnu)

Maison Louis H Lafontaine, 14 avril 2008. (Photo: inconnu)

Cette maison a pourtant connu une seconde vie à l’été 2001 quand le Comité des sans-emploi de Montréal-Centre a décidé d’y établir un squat visant à dénoncer la crise du logement. L’action très médiatisée, amorcée le 27 juillet, connaît des rebondissements étonnants. Loin de se faire expulser au bout de quelques heures, comme le laissait craindre la forte présence policière, les squatters peuvent demeurer sur place et gagnent continuellement de nouveaux appuis. Des membres du FRAPRU y sont tous les jours, l’organisme prenant parti pour le squat, même si l’action ne vise pas à réclamer du logement social.

Le 1er août, coup de théâtre, le maire Pierre Bourque annonce aux squatters qu’il est prêt à leur céder un autre bâtiment, le Centre Préfontaine, situé sur la rue Rachel, dans l’Est de Montréal. Après de longs débats, la majorité des personnes présentes acceptent et crient victoire. Le squat déménage. Il se prolonge encore deux mois… jusqu’à ce que la police intervienne brutalement, le matin du 3 octobre.

Le FRAPRU

http://www.frapru.qc.ca/a-propos/historique/

Foire ARM-X

On ne devrait pas omettre la lutte contre la foire à l’exportation d’armes ARM-X, au parc Lansdowne à Ottawa.  Cette campagne s’est échelonnée sur plusieurs années et fut l’objet d’action de désobéissance civile annuelles ou femmes allaitant, et vieillards sont arrêtés, et parfois emprisonnés.

Lors d’une action d’interposition visant à bloquer l’accès aux exposants de la foire d’arme, une dame âgée aura les côtes fracturées dans une bousculade avec un policier; levant ainsi une indignation généralisée.  Ces manifestations dans la plus pure tradition de l’action non-violente entraînèrent l’annulation de ces foires aux armes jusqu’en 1993, et de nombreux reports.

Lors de ces nombreuses actions, la discipline, la formation, le courage et la détermination des militants ont mené à de nombreux gains et à une excellente médiatisation des enjeux.  Les procès ont servis d’enjeux pour la nouvelle, entraînant l’embarras des autorités et d’importantes modifications dans le comportement oppressif des autorités.

La parfaite maîtrise des actions et l’enjeu délicat des foires pour l’exportation d’armes furent des leviers importants pour les militants non-violents.

Documentation sur la foire ARM-X

http://coat.ncf.ca/ARMX/armx_booklet.pdf

Le Blocus du Plan G, et le désarroi des autorités. 

Au Québec, toujours grâce au travail acharné de l’Alliance pour l’action non-violente, les manifestations pacifiques composées de gens formés et déterminés prenaient de l’assurance.  L’action entraînant la fermeture des opérations du centre nerveux du gouvernement provincial, le plan « G », sans que les autorités n’osent arrêter une seule personne fut une action déterminante.  Ce fut l’élément déclencheur pour un mouvement populaire mobilisé dans l’action non-violente radicale, dans des d’action visant les grandes concertations économiques des dirigeants de ce monde.

Les militants en provenance de nombreux organismes communautaires québécois, regroupés en groupes d’affinité thématique, regroupés selon divers enjeux touchant le gouvernement québécois s’opposait à la marchandisation du bien commun.  L’action non-violente et son développement rapide devenait la hantise des gouvernements en place, tant au Québec, qu’à Ottawa ou les actions se multipliaient.  L’action communautaire avait un nouveau levier de pouvoir qui s’avérait d’une redoutable efficacité.

L’occupation du plan G, pendant une journée complète par de multiples groupes d’affinités composés de près de 400 personnes, n’entraîna aucune arrestation, le gouvernement québécois n’osait dorénavant plus la confrontation médiatique que ces événements généraient…

Bocus du Plan G

http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article1245

SALAMI, une lutte québécise contre la mondialisation

Opération SalAMI, mai 1997, Montréal. (Photo: Franc-Sois Dandurand)

Opération SalAMI, mai 1997, Montréal. (Photo: Franc-Sois Dandurand)

Au Québec, une véritable culture de l’action radicale non-violente était en rapide émergence dans les milieux militants et communautaires.  On ne se contentait plus de l’action pacifique, les gens étaient formés pour garantir le déroulement strictement non-violent des actions.

Les mouvements citoyens et communautaires québécois, de plus en plus mobilisés, ont rapidement détecté le scandale dans les négociations multilatérales sur la mondialisation.  Longtemps avant les « crash » boursiers liés aux abus des grands financiers, des actions citoyennes radicales avaient dénoncés la mondialisation des profits, et les restrictions dans la mobilité des personnes, des règles du travail et de l’environnement.  Cette mondialisation servait les intérêts des riches et puissants; et aucunement les intérêts de la population.

Au cours des années 90, et jusqu’au tournant des années 2 000, ces stratégies ont été transposées avec succès aux actions altermondialistes, à la lutte pour le droit à des logements sociaux et à la campagne de lutte contre le régime d’apartheid sud-africain.

Lors d’actions de désobéissance civile avec des gens formés, dans un contexte de campagne planifiées; le gros bout du bâton semblait du côté des manifestants, les policiers marchaient littéralement sur des œufs et la provocation ne fonctionnait tout simplement plus.  La sympathie des média était pratiquement unanime.

Opération SALAMI

http://www.pmm.qc.ca/salami/francais/opers.html

Puis Québec 2001, le sommet des Amérique, le dérapage

Sommet des Amériques, 2001. (Photo: archives La Presse)

Sommet des Amériques, 2001. (Photo: archives La Presse)

Au Sommet des Amérique de Québec, il s’avère impossible d’aménager un espace pour l’action politique radicale non-violente.  Certaines organisations internationales, des groupes anarchistes canadiens et certains rares militants québécois prennent part à des actions directes de confrontation agressive avec es forces de polices.  L’histoire de la suite des événements est bien connue.

Seules les grandes marches de type familiales sont possibles, des militants non-violents risqueraient de subir les contrecoups de la confrontation.  Les risques sont trop grands et la cohésion de stratégies avec les groupes militants de l’extérieur s’avère impossible.

Des manifestants devant les policiers au Sommet des Ameriques, à Québec. (Photo: archives radio-canada)

Des manifestants devant les policiers au Sommet des Ameriques, à Québec. (Photo: archives radio-canada)

Nous entrons dans l’ère de la diversité des tactiques, ou certains militants exigent la solidarité avec les moyens d’action directe, impliquant les confrontations avec les forces de l’ordre, les bris ciblés, sans prise de responsabilité et des tactiques agressives diverses.  Cette nouvelle doctrine de lutte place les bases de la confrontation permanente avec les forces policières dans le cadre des manifestations annuelles « Contre la brutalité policière », expression simple de révolte sans réel projet de société.

Face à cette avant-garde de révoltés, une coupure s’est produite dans l’action politique radicale au Québec.  La désobéissance civile non-violente a été exclue des manifestations relatives à des enjeux globaux, et est devenu un moyen d’action occasionnel dans le cadre de revendications précises, mises en place par certains organismes sociaux et environnementaux.

Campagne d’opposition au recrutement militaire dans les écoles

Action 2008, antirecrutement.info (Photo: Julie Bélanger, flikr)

Action 2008, antirecrutement.info (Photo: Julie Bélanger, flikr)

Au cours des récentes années, simplement à titre d’illustration, les associations étudiantes ont repris le flambeau de l’action radicale pacifique en s’impliquant dans la campagne d’opposition au recrutement militaire dans les écoles.

Grâce à une stratégie d’opposition systématique et non-violente, grâce à des gestes théâtraux et symboliques et créatifs, sit-in, die-in, occupations, contre propagande et gestes d’interpositions divers et de perturbation la résistance à la présence des recruteurs militaires s’est installée.  Les étudiants ont confronté les administrations, parfois les services de sécurité des institutions et même l’intimidation policière; les étudiant de nombreux CEGEPs et universités ont gardés les militaires recrutant pour la guerre en Afghanistan hors des écoles du Québec.

Dans le cadre de cette campagne d’action, le message en faveur de la non-violence se devait d’être sans ambiguïté.  Le message central de la campagne à véhiculer était : les écoles ne doivent pas devenir des lieux où l’on entraîne les jeunes vers des situations où ils sont en devoir inévitable « de tuer ou d’être tué ».  Ce message ne devait pas qu’être véhiculé par les militants étudiants, mais aussi les enseignants et organisations syndicales du secondaire.  Une campagne axée sur la confrontation et des gestes de violence ne pouvait pas fonctionner.

Manif artistique à Berri-uqam: action contre le recrutement militaire. (Photo: inconnu)

Manif artistique à Berri-uqam: action contre le recrutement militaire. (Photo: inconnu)

Dans le cadre d’une telle campagne, les militants savaient que le moindre dérapage serait utilisé contre les militants. La gigantesque machine à propagande à laquelle ils font face a les moyens de contrer toute action de violence. C’est à ce titre que la campagne a condamné l’attentat contre un Centre de recrutement des Forces canadiennes à Trois-Rivières. Il n’a en rien contribué à la campagne et ne fait pas le poids face aux images d’enfants manipulant des armes dans les camps de cadets et dans le Vieux-Port de Montréal.

Campagne d’opposition au recrutement militaire dans les écoles.

www.antirecrutement.info/?q=fr/node/4

Les réactions de l’armée

www.antirecrutement.info/?q=fr/node/2354 

Nécessité de recherche

Ce rapide survol de nombreux jalons de l’action radicale pacifique des divers mouvements québécois nous donne véritablement un contexte dans lequel se situe l’action actuelle des mouvements étudiants. La lutte populaire par des moyens pacifique est profondément ancrée dans l’histoire de la province et dans la tradition communautaire québécoise.  Ce qui saute aussi aux yeux, c’est que cette longue tradition est profondément méconnue et nécessite des recherches.

On a souvent l’impression que certains groupes, ou certaines factions militantes ne saisissent pas la réalité, le fait qu’une majorité des gestes populaires qui ont été à l’origine d’avancées importante dans la social-démocratie québécoise se sont matérialisée par une action radicale, un engagement ferme et systématique, mais pacifique gagnant ainsi l’appui de la population.

Le défi majeur de l’action militante reste toujours de maintenir le lien avec la réalité du terrain et des groupes. Il faut bien que les moyens de l’action militante favorisent la mobilisation des victimes et permette au plus grand nombre de passer à l’action. Il s’agit de faire en sorte que l’action sociale débouche sur un véritable mouvement de masse, et de changement au bénéfice du bien commun.

Le pouvoir doit pencher du côté de la population pour obtenir des gains, même dans un contexte de lutte sociale radicale.