Et si les arrivants étaient…. des sauveurs?

 

Sauveurs de nos vies? Et de notre système de santé?

J’arrive à l’instant du Marché aux puces de Laval, et nous avons fait un bref passage chez Sami Fruits. Pour 20 $, quatre bon sacs d’épicerie remplis de légumes et de fruits frais. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que l’immense épicerie de produits frais (fruits, légumes et noix) était congestionnée de membres de communautés culturelles, une diversité qui n’a rien à envier aux Nations-Unies. Ma conjointe et moi avons véritablement eu l’impression d’être les seuls québécois de souche dans ce marché public de fruits, ouvert à l’année.

 

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Je me rappelle dans les années 70, les jeunes québécois comme moi subissaient le virage industriel de l’alimentation, un régime où les stimulants d’appétit, les gras, les sucres, le sel et féculents composaient les plats du quotidien….Les grandes marques multinationales inondaient les allées d’épiceries de Fruit Loop, Jello, pain blanc, Pop Tarts, Kool Aid, Kraft Dinners, ragouts et ravioli en conserve et bien entendu la gamme complète de la restauration rapide.  Ces produits hautement transformés faisaient partie du régime régulier du grand nombre influencés par cette américanisation du quotidien. Au cours des années plusieurs de ces habitudes alimentaires malsaines se sont solidement ancrées dans les habitudes de vie des québécois et sont à l’origine de plusieurs désordres de santé courants. En deux ou trois décennies suivant la seconde guerre, le Québec passait du régime alimentaire de bûcherons, légumes racines, choux et viandes grasses; vers les aliments industriels.

Mais, heureusement, depuis des décennies maintenant les habitudes alimentaires des nouveaux arrivants font aussi leur œuvre au Québec.  C’est l’interculturalisme à son meilleur. Les vagues de migrants, ont permis l’émergence de vagues de restaurants italiens, grecs, portugais, chinois, latinos, vietnamiens, libanais, afghan et bientôt syriens… Le palais des québécois s’est acclimaté aux goûts et aux arômes des quatre coins du monde. La réalité est que de façon progressive grâce à l’immigration, nous bénéficions des bienfaits de la diversité alimentaire, et ce depuis assez longtemps.

 

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En fait, ma conjointe et moi sommes des habitués des marchés Adonis, petite chaîne nouvellement acquise par la grande chaîne Métro. Eh oui, la grande chaîne Métro a compris la tendance vers une profonde transformation du marché alimentaire au Québec. Question de ne pas abuser des déplacements nous tentons d’y faire une grosse épicerie de fruits et légumes, et de divers produits exotiques aux deux semaines.   Une caractéristique importante de cette épicerie en forte émergence, c’est le peu de rayons de produits transformés et la vaste étendue de produits frais diversifiés. Encore une fois, ces épiceries sont bondées d’immigrants et réfugiés qui ont préservés leur fort attachement aux traditions alimentaires de leur pays d’origine.   Toute une gamme d’aliment  minimalement ou artisanalement transformés. Cette transformation de nos épiceries semble s’ancrer dans notre culture alimentaire.

Grâce à ces personnes venues d’ailleurs, il existe maintenant à Montréal, et de plus en plus au Québec, une croissante diversité et une abondance dans l’offre en produits alimentaires santé. En effet, ce qui caractérise cette nouvelle réalité des épiceries nouveau genre c’est la rareté des produits transformés composés de composants chimiques et préservés  industriellement afin d’étendre leur durée de vie sur les étagères.  Nous sommes témoins d’un virage santé inattendu qui rend possible et précipite même d’importants changements dans notre régime de vie et celui de nos jeunes. Les marchés alimentaires sur tout le territoire du Québec sont forcés de s’adapter à la tendance d’internationalisation des habitudes. Et c’est toute l’industrie agricole québécoise qui semble bénéficier de cette nouvelle diversification des habitudes alimentaires.  De plus avec la forte augmentation des prix de produits frais, et l’avènement de nouveau mode de production de proximité, qui sait où mènera ce virage?

 

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Nos chefs et nouvelles vedettes du petit écran ont saisis cette nouvelles réalité en lançant une large mode du « cuisiner maison et exotique ».   Serions-nous témoins de l’accélération de cet important virage dans les habitudes de vie des Québécois?  Nombre de québécois sont présentement exposé par nos médias de masse à des habitudes culinaires en provenance des quatre coins du monde.  Nos jeunes s’en inspirent de plus en plus dans leur alimentation quotidienne. Les palais, et nos goûts se sont habitués à la nouveauté.  Ces désirs de découverte se sont multipliés grâce aux nombreux restaurants exotiques. Cette adoption d’une toute nouvelle culture alimentaire se poursuit, au détriment de la malbouffe nord-américaine industrialisée et au bénéfice de la santé des nouvelles générations.

Il est indéniable que ce virage définitif dans l’offre alimentaire a un impact majeur sur la santé de nos jeunes, et à terme des québécois. Le virage industriel des années 50, 60 et 70 qui nous a apporté la nourriture hautement transformée, chimique, à consommation rapide et addictive semble sur la voie de sortie. Cette nouvelle tendance lourde vers le frais et la diversité est une excellente nouvelle pour la santé des québécois.  C’est certainement un des facteurs qui devrait permettre à notre système de santé de respirer un peu, en réduisant l’incidence désastreuse de maladies chroniques.

L’immigration et son influence sur les habitudes alimentaires pourrait-elle devenir la voie par excellence pour contrer les cancers, le diabète, l’obésité, les désordres cardiaque et rénaux?

Au lieu de menacer notre culture, les arrivants seraient-ils en voie de sauver notre système de santé, et même les vies de nos jeunes?