Le confinement : est-ce une bonne chose?

Écrit par Normand Beaudet

Un exercice de confinement impliquant les jeunes, surtout au primaire devrait être un tout dernier recours.  Les priorités des milieux d’enseignement doit être le renforcement de la confiance… non pas la stimulation des sentiments de peur.  La peur chez les jeunes se développe souvent suite à l’émergence de sentiments d’impuissance. On doit donner aux jeunes le sentiment qu’ils ont le pouvoir sur leur vie et le déroulement des choses… Ainsi, la perspective très peu probable d’un événement dramatique peut devenir une incroyable opportunité d’éducation à la non-violence… Une opportunité de constater qu’on peut agir face aux violences.

Couvertures pare-balles. (Photo: Bodyguard)

Couvertures pare-balles. (Photo: Bodyguard)

Il y a beaucoup de choses à faire avant de mettre en oeuvre des exercices de confinement impliquant les jeunes

1- Souvent ces événements sont la conséquences d’une intimidation et d’une marginalisation d’individus. Que peut-on faire dans notre vie pour éviter l’intimidation et la marginalisation des personnes? Développer des programmes visant à éduquer sur la richesse que constitue la diversité.

2-  Souvent les personnes qui agissent ainsi ont annoncé leurs intentions par des menaces sur internet. C’est pour ça qu’on doit être vigilant sur internet, et lorsqu’on voit des propos violents et des menaces claires sur internet, il faut en parler….

3-  Le découragement, le désespoir est souvent la source de ces gestes.  La cyber intimidation, ou des gestes et des propos violents suivent la personne à tous les moments de la vie, tant à l’école que dans ses déplacement et dans sa vie privée, peut pousser au découragement, au désespoir et à des gestes dramatiques. Il faut apprendre à reconnaître la cyber intimidation et savoir comment agir.

4-  L’intimidation à l’école peut être à l’origine d’actes de désespoir, qui peuvent pousser les jeunes vers la vengeance et la violence.  Le meurtre, ou le suicide sont souvent les solutions qu’envisagent les jeunes intimidés…. On doit savoir identifier les violences répétées que constitue l’intimidation et trouver les moyens de les faire cesser.

Exercice de confinement à l'école de la Reinetière. (Photo: inconnu)

Exercice de confinement à l’école de la Reinetière. (Photo: inconnu)

5-  On a tous vu des batailles à l’école. C’est souvent le premier signe d’une situation qui se détériore entre deux personnes. Souvent c’est la façon que prennent les jeunes pour illustrer leurs capacités physique et indiquer aux autres qu’ils peuvent avoir du pouvoir. Assister au spectacle est un geste qui facilite et donne son sens à la bagarre, une bagarre sans spectateurs ne dure pas longtemps car le message « regardez ce que je peux faire » ne passe plus.

6-  Sans armes efficaces disponibles, il n’y a pas de tueries. il faut éduquer les jeunes sur le danger que constitue la grande disponibilité des armes et surtout des armes à feu pour les personnes et les jeunes. Notre société a le défi de mieux contrôler et encadrer le privilège que constitue le droit d’avoir et de porter une arme. Le véritable problème réside dans l’efficacité de l’objet à précipiter des gestes irréversibles.

Armes à feu…
http://nonviolence.ca/index.php/vos-enfants-et-les-armes-a-feu/

7-  Si pour des raisons précises, un parent ou une connaissance a le droit d’avoir ou de porter une arme; il faut savoir en reconnaître le danger et la façon sécuritaire de la garder. Tous nos jeunes doivent connaître les dangers associés aux armes et le fait qu’elles constituent une menace à la sécurité, beaucoup plus qu’une source de sécurité.

8-  Les écoles peuvent implanter de meilleurs contrôle des entrées et sorties, ces mesures sont déjà en place dans de nombreuses écoles, devrions-nous intégrer des détecteurs de métaux et des caméras. Souvent, les moyens de sécurité technologiques constituent des gestes apparemment utiles, mais plus souvent qu’autrement très facile à contourner par une personne déterminer à en finir avec la douleur du désespoir; et déterminés à ne pas agir dans l’anonymat.  Souvent, on parle de ces technologies créant un faux sentiment de sécurité.

9-  Lorsqu’on a tout mis en œuvre ces mesures et que, pour une raison ou une autre, on croit qu’il est nécessaire de pousser plus loin les moyens de rassurer nos jeunes, ou plutôt leurs parents; on peut penser a des exercices impliquant tout le personnel; et des intervenants extérieurs pour tester un protocole bien établis…. La présence des jeunes apporte très peu à un tel exercice puisque les jeunes n’ont pas à se déplacer et l’évacuation ne se fait que lorsque la situation est « sous contrôle ». Ce n’est pas un exercice de feu, où tout repose sur la rapidité d’évacuation et le sang froid dans lequel il se fait.

10-  Suite à la mise en oeuvre d’un certain nombre de ces mesures préalables, la mise en oeuvre d’un exercice de confinement impliquant les jeunes devient un exercice bien superflue surtout dans nos écoles primaires et secondaire. Un tel exercice sans avoir franchis les étapes préalables risque de stimuler le sentiment d’impuissance et de peur des jeunes et d’entraîner l’effet contraire de celui recherché. On peut d’autant plus se questionner sur l’utilité puisque tant au niveau collégiale qu’universitaire de tels exercices ne semblent pas encore implantés.

11-  La présence de personnel armé en milieu scolaire est probablement l’avenue extrême à envisager. Déjà dans de nombreuses écoles secondaires la présence en quasi permanence d’agent policier, souvent le dernier recours en situation de danger, est bien établis. On doit se demander ce qui pousse nos institutions scolaires à avoir recours à de telles mesures si tôt dans les dynamiques de gestion des comportements.

Bref, la perspective d’événements tragiques est un défi à notre créativité dans la gestion des situations de crise auxquelles pourraient faire place nos milieux et au travail qui  doit être investi dans l’éducation à la non-violence. Comment dire efficacement « NON » à la violence?

De nombreux parents se questionnent sur la façon de faire face aux éventuelles situations de violence; et sont préoccupés par les avenues parfois simplistes qui sont choisis dans nos milieux. Ce texte explore rapidement certaines pistes de réflexions pertinentes.